PREMIéRE PARTIE  PAR Oô LE SCANDALE ARRIVE

 

 

 

 

 

Premire pause

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 l'issue de cette premire grande partie o nous avons cherchŽ Par o le scandale arrive, jetons un bref coup d'Ïil sur le chemin parcouru.

Que pouvons-nous retenir ˆ titre individuel et dans une perspective plus collective sur le ch™mage ?

En mettant ˆ plat mŽthodiquement les principales Žtapes du parcours du ch™meur, nous aurons pu trouver matire ˆ comprendre comment sortir de certains clivages douloureux de la conscience ; ˆ repositiver l'illusion d'Žchec. Le r™le des motivations, dans l'incommunicabilitŽ entre deux groupes sociaux fracturŽs, sera peut-tre devenu plus prŽcis. Le besoin insatisfait de reconnaissance sociale des ch™meurs, et l'autre besoin des non-ch™meurs, lui aussi insatisfait, de se libŽrer d'un sentiment inconscient de culpabilitŽ, se sont peut-tre rŽvŽlŽs comme les clŽs indispensables du remde ˆ la morositŽ ambiante et ˆ l'agitation Žconomique paradoxale.

L'assainissement du terrain, par cette prise en compte plus volontaire d'un facteur humain, n'est-elle pas apparu de manire plus forte, comme la condition prŽalable et incontournable ˆ une redynamisation de toute la Nation ?

 

La nŽcessitŽ de rŽsister ˆ la peur, et encore plus aux manipulations s'appuyant sur elle, ne s'est-elle pas dŽgagŽe de faon plus aigu‘ suite ˆ l'analyse de ses diffŽrents masques ? Peur ˆ laquelle beaucoup ne croient pas encore.

Si la cupiditŽ et l'Žgo•sme sont ˆ la source premire des dŽsordres Žconomiques, la Peur n'est-elle pas un vecteur essentiel du ch™mage ? En nous poussant illusoirement ˆ nous obnubiler sur la rentabilitŽ, elle y a mis le feu aux poudres.

Nous avons vu le management autoritaire, consŽcutif ˆ la peur de ne pas tre compŽtitif, appuyer ˆ son tour, en force, sur la peur des salariŽs ; et gŽnŽrer la rŽsistance des individusÉ jusqu'au ch™mage. Mais en dŽfinitive, au-delˆ d'un vŽcu insupportable, le ch™mage p‰tit plus encore ˆ l'entreprise qu'au ch™meur, en contractant la consommation.

Nous avons aperu Žgalement le contre-pouvoir politique autoritaire entretenir Žgalement le ch™mage, par le mŽcanisme fiscal, plus subtil mais tout aussi opŽrant.

 

La sociŽtŽ ne peut pour le moment parvenir ˆ Žradiquer le ch™mage. Pas plus qu'elle ne peut le faire des ch™meurs qui sont dŽfinitivement installŽs dans une situation de fait.

N'avons-nous pas compris que le ch™mage est le sympt™me d'une maladie sociale ? Qu'elle nŽcessite un traitement fiscal, social, humain, bien plus qu'Žconomique ? Et que le ch™meur a aussi besoin d'une "convalescence", dans bon nombre de cas. Que son refus de retravailler parfois, ne peut tre considŽrŽ comme un phŽnomne nŽgligeable, dont il serait le seul responsable ? Les non-ch™meurs ne comprennent pas que l'apparente "nŽgativitŽ" du ch™mage est en fait une autre forme de sensibilitŽ et de rŽceptivitŽ, qui se manifeste par un esprit de rŽsistance.

DŽsir de travailler, DŽsir de NE PAS travailler et ImpossibilitŽ de trouver du travail : les trois p™le d'une mme fracture !É Dont il nous faut sortir, non par le bas, et la dŽcadence, mais par le haut et sa renaissance.

 

 

            De nombreux exemples ont ŽtŽ mis ˆ plat, ŽpurŽs de leurs revtements Žmotionnels. Peut-tre sommes-nous encore un peu ˆ chercher des repres, ˆ classer dans notre esprit tous ces matŽriaux profus. Pour ordonner nos idŽes, nous pouvons nous remŽmorer tranquillement quelques phrases qui ont ponctuŽ la premire partie :

 

 

Chapitre I

¥ l'illusion collective de la toute puissance de l'Žconomie. 

En ne prenant pas les effets (les difficultŽs Žconomiques) pour les causes (l'Žgo•sme et la cupiditŽ), les solutions peuvent alors tre plus judicieuses.

La relativisation des actes politiques concernant l'Žconomie, lorsqu'ils seront considŽrŽs comme de simples correctifs momentanŽs, Žvitera alors de se tromper de politique et d'abuser l'opinion. Et d'accumuler les dŽceptions, qui peuvent un jour dŽboucher sur des rŽvolutions.

Pour garder espoir, n'oublions pas que ce qui a ŽtŽ dŽtruit, sur le fond (la confiance, le climat de sŽrŽnitŽ dans les entreprises), par une froide volontŽ cupide et Žgo•ste d'une minoritŽ d'acteurs socio-Žconomiques, peut-tre reconstruit par la force bien supŽrieure de la bonne volontŽ d'une majoritŽ des autres acteurs.

 

¥ Ë quoi bon cette fidŽlitŽ ˆ l'entreprise, si c'est pour en arriver lˆ ? C'est peut-tre bien ce sens profond d'une fidŽlitŽ conditionnŽe, sur commande qui est en train de muter. C'est pourquoi on peut dire qu'il y eut un travail social utile, de la part de cette salariŽe.

 

 

 

Chapitre II

¥ Mais alors, la rŽduction de la fracture sociale peut-elle s'opŽrer si ses plus hauts dirigeants la conservent entre eux ?

La fracture sociale, venue du peuple, est rŽvŽlŽe progressivement par lui au travers des Žlections. Cette fracture est gravŽe au fronton de l'ƒtat, par ce JANUS incarnŽ en deux ministres. Son pouvoir modŽlisant pŽrennise les comportements de clivage. Les citoyens, fonctionnaires et salariŽs du privŽ, s'en inspirent sans mme s'en rendre compte. Ils l'imitant automatiquement, dans leurs actes professionnels et personnels ! Toute la sociŽtŽ se dŽbat ainsi dans un cercle vicieux. Et seul un effort conscient lui permettra d'en sortir.

 

¥ Le ch™meur, attendant ou recherchant un emploi, n'aspire-t-il pas au trŽfonds de lui-mme ˆ une chose essentielle concernant son argent : que la meule arrte, au moins momentanŽment, de moudre ses ultimes ressources vitalesÉ et sa rŽsistance passive ?

 

Chapitre III

¥ En dŽfinitive, la voie est claire, simple, sans ambigu•tŽ : pour se sentir libre le ch™meur doit prŽalablement se dŽgager de la peur de la dŽvalorisation.

Le sens de la libertŽ de sa condition ne peut lui tre donnŽ que par lui-mme. Alors la moitiŽ du chemin sera parcourue pour faire un clin d'Ïil sympathique aux non-ch™meurs.

 

¥ Sans la comprŽhension du sentiment inconscient de culpabilitŽ, pice ma”tresse de l'analyse, il est impossible d'aller plus loin dans la mise ˆ plat des antagonismes gŽnŽrateurs de la fracture sociale concernant le ch™mage. Car alors on en revient aux idŽes prŽconues. Et un jugement trop intellectuel ne prend en compte que des aspects extŽrieurs du ch™mage.

 

Chapitre IV

¥ En gardant ˆ l'esprit cette classification des besoins et des motivations, nous pourrons peut-tre ainsi mieux comprendre les prioritŽs des mesures ˆ prendre pour diminuer le sentiment douloureux du clivage produit par le ch™mage et pour redynamiser toute une sociŽtŽ en lui redonnant espoir.

 

Chapitre V

¥ Les perspectives historiques, des rŽsultats de cette crise sans prŽcŽdent dans ce sicle, pourraient-elles tre mieux Žclaircies ? Une expression sereine des chercheurs pourrait-elle trouver une plus large place ?  Les discours Žconomiques, financiers, pourraient-ils laisser un peu plus d'air aux autres ?É Au lieu de leur laisser le pouvoir de "polluer" notre existence, en introduisant sans cesse les germes de l'inquiŽtude, de l'aviditŽ, de l'Žgo•sme, par le seul fait de trop centrer notre pensŽe sur l'aspect financier. les discours Žconomiques, financiers, pourraient-ils laisser un peu plus d'air aux autres ?É comme ces passagers assis dans un train bondŽ, qui cdent leurs places aux plus vulnŽrables.

 

¥ Reste-t-il ˆ inventer, ou rŽinventer, une pŽdagogie qui n'ennuie pas, ni ne dŽvalorise celui qui la reoit ? Les mŽdia n'aurait-ils pas lˆ un magnifique r™le ˆ jouer ?

 

 

En dŽfinitive, deux thmes fondamentaux nous permettent d'entreprendre la recherche d'une comprŽhension du ch™mage :

- La nŽcessitŽ de repenser les fausses certitudes.

- L'abord primordial de la question par la porte des motivations.

 

 

 

 

La nŽcessitŽ de repenser des fausses certitudes.

 

Quatre grandes idŽes simples Žmergent.

elles sont facilement comprŽhensibles sur le plan intellectuel, mais d'autant plus difficiles ˆ intŽgrer, ne nous y trompons pas, qu'elles ne correspondent pas ˆ la pensŽe contemporaine. RŽsumons-les :

 

¥ L'ƒCONOMIE N'EST PAS LA CAUSE PREMIéRE DU CHïMAGE,

É mais l'accompagne simplement.

 

¥ LE CHïMEUR EST POUSSƒ VERS L'EXCLUSION PAR LA MƒCANIQUE FISCALE,

É dont le rŽel pouvoir destructeur de la personnalitŽ et inhibiteur des initiatives est ŽvacuŽ des dŽbats sur le ch™mage.

 

¥ LE BESOIN DE REVALORISATION ET LE BESOIN D'ƒVACUER UN SENTIMENT INCONSCIENT DE CULPABILITƒ SONT LES PIERRES D'ACHOPPEMENT DE LA FRACTURE SOCIALE CONCERNANT LE CHïMAGE.

É Aucune mesure ne les prend vŽritablement en cause.

 

¥ LE SPECTACLE MƒDIATIQUE AMPLIFIE LE CHAOS CONCERNANT LE CHïMAGE.

É Il pourrait cependant avoir un r™le privilŽgiŽ dans une pŽdagogie de l'ESPOIR.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En application de ces quatre idŽes simples, quelques idŽes fausses ou trompeuses sur le ch™mage auront pu subir au passage un certain lifting. Elles constituent en partie le fardeau d'illusion que porte la sociŽtŽ tout entire. Essayons de les barrer de notre mŽmoire:

 

Zone de texte: ////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Les difficultŽs de l'Žconomie sont la cause du ch™mage 
Le ch™mage est le contraire du travail
L'emploi est la solution au ch™mage
Le travail est le remde au ch™mage
La reprise de l'Žconomie est la solution au ch™mage
La crise Žconomique est une illusion
     Les ch™meurs sont les sacrifiŽs de la gŽnŽration
La rigiditŽ des procŽdures de licenciement protge l'emploi
La sŽcuritŽ de l'emploi est la sŽcuritŽ dans un mme emploi 
Le ch™mage est un Žchec personnel
Le ch™meur est seul 
Les ch™meurs sont des inutiles
Les ch™meurs ne font rien pour s'en sortir
Les ch™meurs sont des paresseux qui ne veulent pas travailler
Les ch™meurs prŽfrent se la couler douce 
Les gens se fichent bien du sort des ch™meurs
 Tout le monde est indiffŽrent au ch™mage
Si on veut, on peut toujours retrouver du travail
Trouver du travail, a n'est pas si difficile que a
Retrouver un nouvel emploi est fonction du nombre de contacts
Les ch™meurs se sentent coupables
Les ch™meurs sont coupables de se laisser aller
Il faut remettre un ch™meur au travail le plus t™t possible
Il faudrait exiger un travail d'intŽrt gŽnŽral en contrepartie de l'allocation 
L'indemnitŽ de ch™mage est l'ennemi du salaire du travail
Le peuple est prt ˆ accepter une augmentation des imp™ts 
Il faut payer des imp™ts pour se sentir citoyen
La justice fiscale nŽcessite que tous payent plus
La justice fiscale a permis de protŽger les plus pauvres
Les motivations d'un travailleur indŽpendant et des sociŽtŽs sont identiques
Le ch™mage est dans une impasse
Il n'y a pas assez de travail pour tous, il faut le partager
Des pistes prometteuses d'emploi sont les solutions au ch™mage
Les incitations ˆ l'embauche permettront le retour au plein emploi
La diminution du temps de travail permettra de crŽer de nombreux emplois
La dŽcrue du ch™mage est confirmŽe
Le plein emploi est pour demain 
"C'est son problme, pas le mien"
É


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Et si le sac contenant ces idŽes fausses est trop lourd, trop pŽnible pour le ch™meur qui chemine, pourquoi ne le jetterait-il pas tout entier dans la rivire ?É Sa pensŽe vierge serait ainsi plus rŽceptive ˆ la valeur des choses qu'il cherche encore ˆ dŽcouvrir.

 

L'abord primordial de la question par la porte des motivations.

 

 

Dans une perspective plus collective, nous aurons mesurŽ sans doute l'ampleur du besoin de rŽforme, non pas tant des structures, que des manires de penser et de manager, dans le privŽ comme dans le public.

 

Quelques axes d'actions ont ŽtŽ ŽvoquŽs en exemple. Ils sont autant de dossier ˆ ouvrir par les intŽressŽs et les responsablesÉ Lorsque le temps sera venu. C'est-ˆ-dire lorsque les fondements de la sociŽtŽ, en matire de besoins fondamentaux, seront assainis.

 

Ces dossiers concernent : les "aspirations des ch™meurs"É

 

É Et et les "axes de rŽflexion plus gŽnŽraux" pour les diffŽrents groupes d'acteurs s'occupant du ch™mage.

Ils pourraient dŽboucher sur une "base commune d'entente, dŽcoulant des besoins".

 

            Mais nous n'avons pas abordŽ les diffŽrentes rŽflexions techniques, encore prŽmaturŽes en l'Žtat actuel de clivage de l'opinion, tout particulirement ˆ propos du ch™mage. D'autre part, de nombreuses solutions existent sans doute dans les tiroirs. Ou peuvent tre intelligemment inventŽes, avec un autre Žtat d'esprit. Elles n'ont peut-tre besoin que d'un peu plus de bonne volontŽ pour les dynamiser, ou les repenser en faisant table rase de thŽories obsoltes.

En attendant, bien des raisons peuvent pousser les uns et les autres ˆ commencer un dialogue tolŽrant ˆ propos du ch™mage ; sans chercher de bouc Žmissaire ; ni adopter une attitude fataliste. Ce travail va fournir d'autres supports de rŽflexion dans ce sens. Car c'est dans un Žchange rationnel, s'appuyant sur des faits et non des opinions, que les rancunes inconscientes et les peurs peuvent se dissiper.

 

N'avons-nous pas enfin ŽtŽ interpellŽs par cette grande soif d'espoir ? Par cette qute anxieuse du ch™meur ; comme de la sociŽtŽ tout entire.

 

Aprs cette mise ˆ plat, paradoxalement brve dans les faits mais longue ˆ revivre pour plus d'un lecteur sans doute, il est possible maintenant d'aborder la deuxime partie de notre route. Une perspective plus dynamique va nous permettre d'envisager plus prŽcisŽment pourquoi :

Le ch™meur est un artisan de la civilisation, qui s'ignore.

 

Et de comprendre en quoi la force de rŽsistance aux fausses identifications ˆ l'entreprise, la force de rŽsistance ˆ la cupiditŽ et ˆ l'Žgo•sme Žconomique, la force de rŽsistance ˆ la cupiditŽ et ˆ l'Žgo•sme fiscal, sont un apport positif pour la collectivitŽ tout entire.

Le constat d'Žchec apparent qui a ŽtŽ dressŽ a pu faire croire ˆ un beau g‰chis de l'Histoire. Mais ce n'est lˆ sans doute qu'une illusion d'optique momentanŽe que nous allons maintenant chercher ˆ corriger.

 

 

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