TROISIéME PARTIE L'ƒNERGIE SUIT LA PENSƒE PLUS SóREMENT QUE L'ARGENT

 

 

Chapitre I

 

 

 

 

 

ƒTABLir DE JUSTES RELATIONS

ENTRE

ch™meurs ET NON-CHïMEURS

 

 

 

"Lorsque vous avez compris une idŽe, fermez votre livre,

et mettez cette idŽe en application dans votre vie".

Proverbe de la sagesse sto•cienne.

 

 

 

 

Chapitre I. — ƒTABLir DE JUSTES RELATIONS ENTRE ch™meurs ET NON-CHïMEURS.

Interrogez les ch™meurs, si vous voulez comprendre. — Se recentrer sur l'essentiel. — Chaque moment est une opportunitŽ. — Pourquoi ?É plut™t que : Parce que !É — Exemple de dix questions pour rŽtablir un dialogue entre ch™meur et non-ch™meur, dans un esprit de rŽciprocitŽ. — quelques points trs simples de mŽthode. — L'esprit de critique et l'analyse critique positive. — Une mŽthode aussi efficace en petits groupes. — Il n'y a pas de "bonne rŽponse toute faite". — Thmes subsidiaires.

SchŽma : Chronologie trs schŽmatique du parcours du ch™meur, pour imaginerÉ

 

 

 

 

L

e ch™meur qui a trouvŽ son rythme, c'est-ˆ-dire plus particulirement celui qui conna”t une longue pŽriode de ch™mage, peut-il exercer une activitŽ au niveau de la pensŽe ? Peut-il trier les valeurs, dŽvelopper un esprit de rŽsistance, et comprendre les causes profondes du ch™mage ? C'est peut-tre lui plus spŽcifiquement qui se sentira concernŽ par ce chapitre.

            Sa t‰che alors serait de participer individuellement au rŽtablissement d'un dialogue entre ch™meurs et non-ch™meurs. Parce que, espoir d'un nouvel emploi ou non, reprise de l'activitŽ Žconomique ou nouvel arrt conjoncturel, il reste toujours des millions de citoyens sur le carreau. Ce peuple de toutes les personnes concernŽes par le ch™mage fait un peu penser ˆ tous ces sinistrŽs des cataclysmes climatiques que nous voyons de pŽriode en pŽriode. Ë la diffŽrence de ceux qui perdent tout en une nuit d'orage, mais reconstruisent avec l'aide de la collectivitŽ gŽnŽreuse, et finissent par oublier un jour,É les ch™meurs sinistrŽs, les sans abris et les pauvres, les exclus, croupissent dans ce paysage invisible, un peu comme ces plaines inondŽes o Žmergent de-ci de-lˆ quelques masures endommagŽes. Dans tous ces malheurs des uns ou des autres, il est des situations que le pays prend en charge et d'autres qu'il oublie un peu trop, ou du moins qu'il traite mal. Il y a urgence ! Une urgence qui se prolonge depuis des dŽcenniesÉ Le ch™meur qui Žmerge peut apporter son concours bien plus qu'il ne le croit.

Interrogez les ch™meurs, si vous voulez comprendre.

Le non-ch™meur peut aussi apporter son secours. Cependant, pourquoi le non-ch™meur saurait-il mieux que le ch™meur ce qui est bon pour ce dernier ? Pourquoi les esprits technocrates, en particulier, auraient-ils les solutions miracles, alors mme qu'ils reconnaissent leur impuissance depuis des dŽcennies ? Le simple citoyen, sur tous les sujets d'ailleurs, leur dit de plus en plus nettement : taisez-vous, et Žcoutez ceux qui sont sur le terrain ! Cessez d'Žcrire tous ces rapports qui vous prennent du temps que vous ne consacrez pas ˆ Žcouter !

Si nous voulons comprendre le ch™mage, peut-tre faudrait-il demander plus souvent leurs avis aux intŽressŽs. Il convient aussi, pour obtenir des rŽponses valables, de bien sŽparer les besoins superficiels urgents, des besoins profonds et lancinants. Pour cela il faut identifier correctement l'Žtape ˆ laquelle le ch™meur situe sa rŽflexion. Nous ne pouvons pas en dŽcrire toutes ces nuances, mais le schŽma suivant servira de support ˆ la rŽflexion du lecteur, pour cette identification. /

 

 

 

 

 

            Se recentrer sur l'essentiel.

            Paradoxalement, pour que le non-ch™meur Žcoute, ne faut-il pas que le ch™meur lui pose les premires bonnes questions ?É

Ë quoi servirait-il ˆ un ch™meur d'engager un dialogue ˆ propos du ch™mage, en s'appesantissant sur son malheur ? Sans doute ˆ amplifier un sentiment inconscient et collectif de culpabilitŽ chez son interlocuteur. De plus, le dŽbat n'avancerait pas d'un pouce, car les vrais causes du ch™mage ne seraient mme pas effleurŽes. Qui n'en a fait l'expŽrience ! De toute manire, le ch™meur qui a pressenti le sens de son combat historique a dŽjˆ redressŽ la tte. Il souhaite certainement que les regards dŽculpabilisŽs et revalorisŽs des uns et des autres se croisent ˆ nouveau, avec plaisir, lŽgretŽ, humour et confiance ; mme s'il ne sait pas bien comment faire.

 

            Ce chapitre est consacrŽ au formidable travail qui attend encore toute une Nation pour sortir de sa douloureuse morositŽ plus ou moins ˆ fleur de peau. Certains se diront que cette bulle est crevŽe et que l'espoir rena”t enfin. Avant de s'en persuader et de se fermer ˆ la rŽalitŽ, ils devraient bien regarder tout prŽs, autour d'eux, les ch™meurs qui attendent. Cette impression de renouveau, nous l'avons dŽjˆ notŽ, est due ˆ des artifices. Comme la reprise de l'Žconomie : mais le ch™mage n'est que trs marginalement liŽ ˆ cette reprise. Comme les annonces successives des pouvoirs publics : mais nous avons vu comment une statistique nous trompe facilement. Comme l'arrivŽe de ce XXIe sicle : mais rien n'est plus factice qu'un effet de calendrier. Comme le silence des mŽdia : mais ils favorisent l'illusion.

Le sentiment inconscient de culpabilitŽ d'une fraction de l'opinion hiberne donc momentanŽment ; sans pour cela crŽer une dynamique socioŽconomique. Il y a pourtant un fait incontournable que nous ne parvenons pas ˆ intŽgrer : l'existence d'un peuple de ch™meurs, dont des millions sont sinistrŽs, dans une longue attente. Le travail pour crever cette bulle est pourtant si simple : il suffit que deux protagonistes du drame veuillent bien aborder la condition humaine du ch™mage plut™t que de se renvoyer des arguments tout faits ; ou ne montrer que des larmes de crocodiles. Puis deux autresÉ Puis encore deux autresÉEt ainsi de suite.

Amusons-nous un instant ˆ un jeu sans prŽtention : si 1000 personnes engagent chacune un dialogue avec 10 personnes dans leur environnement, et que ces dernires font de mme, 100 000 ouvriront les yeux en un rien de temps ! La poursuite d'un effort de ce groupe aprs de 10 autres personnes de leur connaissance : et c'est un million d'individus qui peuvent changer radicalement leur apprŽhension de la question du ch™mage ! Et bien entendu de l'emploi, de la fracture socialeÉ Et il n'y a pas de raison que les idŽes s'arrtent en chemin.

Des rŽvolutions pacifiques ont ŽtŽ menŽes avec moins d'hommes que cela. La rŽsistance, lors de la dernire guerre, s'est appuyŽe sur un noyau infiniment plus faible. En ces temps de dŽfection chronique, combien de partis politiques peuvent revendiquer autant d'adhŽrents unis ! Tout cela pour dire que l'individu isolŽ ne doit pas se dŽsoler ni se prŽoccuper de sa solitude.

 

Si les idŽes sont dans l'air du temps, elles fuseront facilement au moment opportun. Comme un simple cristal d'eau dŽclenche la tombŽe d'un manteau neigeux. Il leur suffit d'une simple impulsion au dŽpart.

De cette impulsion, le ch™meur qui veut agir est entirement ma”tre.

 

            Les organisations caritatives, dont les moyens ne sont pas immenses, et qui ne gaspillent pas leurs ressources en vaine publicitŽ[1], ont parfaitement conscience de procŽder de la sorte : pour "faire changer les mentalitŽs, de proche en proche", comme s'exprimait dernirement la responsable d'une organisation de secours aux plus dŽmunis. Le ch™meur isolŽ n'est pas dans une situation plus compliquŽe. Il peut penser et parler avec efficacitŽ.

            Chaque moment est une opportunitŽ.

O et quand Žtablir ce dialogue se demande le ch™meur ? Partout et ˆ tout moment. RŽpŽtons-le. Si nous nous reportons quelques annŽes en arrire, lors des grves de l'hiver 1995, un mouvement spontanŽ de co-voiturage est nŽ pour pallier les difficultŽs de transport. De nombreuses personnes, de toutes conditions et d'‰ge se sont parlŽ. Ce bref phŽnomne a crŽŽ alors une vague d'enthousiasme, par les contacts qui se sont rŽtablis entre des citoyens isolŽs par le monde moderne. Il n'est donc pas de lieu ni de moment plus favorable que lorsque des ch™meurs, des non-ch™meurs se rencontrent ; pour la premire fois, ou qu'ils se connaissent dŽjˆ. Que ce soit en faisant la queue dans une administration, dans le bus ou le trainÉ Mme si nous n'en entendons plus parler, cet Žlan de fraternitŽ en 95 est certainement restŽ dans bien des mŽmoire comme une respiration heureuse, au milieu d'un Žpisode social tendu. Peut-tre servira-t-il aussi de modle avant coureur d'un plus large mouvement d'Žchanges paisibles, en ces temps de crise, de vindicte, d'anxiŽtŽ et d'attente. Les ch™meurs et les non-ch™meurs en ont grand besoin. Alors, qu'ils posent les bonnes questions.

 

 

            Pourquoi ?É plut™t que : Parce que !É

Pourquoi poser des questions ? Voilˆ une trs bonne question !

            Les professionnels le savent bien par expŽrience, tout l'art de la conversation passe par la qualitŽ des questions et la capacitŽ de se taire.

Nous avons notŽ par ailleurs, tout au dŽbut de notre rŽflexion : Qu'il est difficile de penser ce sujet du ch™mage au-delˆ des terres connues et des idŽes convenues. C'est-ˆ-dire que si nous pensons pouvoir aborder ce thme en annonant simplement le titre et que le dŽbat va se dŽrouler tout seul, nous courrons droit ˆ l'Žchec. Aussi le lecteur trouvera ci-dessous un exemple de dix questions gŽnŽrales qui peuvent permettre d'Žviter de centrer la discussion sur les habituels lieux communs et les sempiternelles plaintes. Il peut s'en inspirer pour b‰tir son propre guide de dialogue. Et plus les questions sont simples, ouvertes, et univoques, meilleur est le dŽbat. Il n'est pas indispensable de les accompagner de "questions de relance", comme font les professionnels. NŽanmoins les thmes proposŽs un peu plus loin, sous forme de sous-questions, permettront d'approfondir certains sujets majeurs.

Ces questions sont avant tout des "starters" pour un Žchange d'idŽes, ouverts sur tous les dŽveloppements souhaitŽs ; non des points prŽcis ˆ mesurer, comme dans un sondage.

L'objectif majeur ˆ conserver en tte est d'entamer une discussion sur un mode non conventionnel, et non de traiter de tous les sujets concernant le ch™mage. Encore moins de partir en croisade !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EXEMPLE DE DIX QUESTIONS POUR RƒTABLIR UN DIALOGUE ENTRE

CHïMEUR ET NON-CHïMEUR,

DANS UN ESPRIT DE RƒCIPROCITƒ.

 

¥ QUE VOUS APPORTE LA PRƒSENCE D'UN CHïMEUR DANS VOTRE FAMILLE

OU DANS VOTRE ENTOURAGE ?

 

¥ POURQUOI, SELON VOUS, LE CHïMAGE DURE DEPUIS UN QUART DE

SIéCLE ?

¥ QUE SIGNIFIE POUR VOUS PERSONNELLEMENT, LA FRACTURE SOCIALE ?

¥ QUI EST VICTIME DE CETTE FRACTURE, Ë VOTRE SENS ?

¥ DE QUOI LES CHïMEURS SOUFFRENT-ILS LE PLUS, SELON VOUS ?

 

¥ POURQUOI DES CHïMEURS DISENT "PRƒFƒRER NE PAS TRAVAILLER" ?

 

¥ PENSEZ-VOUS QUE LA SOCIƒTƒ dans son ensemble EST RESPONSABLE

DU CHïMAGE ?

 

¥ LA CONCEPTION ACTUELLE DU TRAVAIL EST-ELLE COMPATIBLE AVEC UN

IDƒAL DE NOUVELLE CIVILISATION, DONT ON PARLE TANT ?

 

¥ QUEL PLAISIR LE CHïMAGE PEUT-IL PROCURER ?

 

¥ COMMENT VERRIEZ-VOUS LA FIN DU CHïMAGE ?

 

 

 

Les questions sont formulŽes pour tre posŽes, en premire intention, par un ch™meur ˆ un non-ch™meur. Mais elles ne se limitent pas ˆ ce type d'Žchange. Elles peuvent tre reformulŽes plus spŽcifiquement pour d'autres catŽgories de personnes, ou s'Žtendre ˆ des groupes.

Rien n'empche un ch™meur attendant dans une Anpe, par exemple, d'aborder le sujet tout simplement en faisant rŽfŽrence ˆ la premire question (il n'aura peut-tre pas le temps d'aller plus loin) de cette manire et en l'adaptant ˆ sa manire de parler :

" Je demande systŽmatiquement ˆ mes proches : Que vous apporte la prŽsence d'un ch™meur dans votre famille ? Cette question les surprend et ne les laisse pas indiffŽrents. Que pensez-vous que vous rŽpondraient vos amis ou votre famille, si vous leur posiez une telle question ?"

 

quelques points trs simples de mŽthode.

            La tendance actuellement rencontrŽe, mme chez des animateurs professionnels, comme cela peut tre constatŽ en regardant la tŽlŽvision, de rŽpondre ˆ la place de la personne interviewŽe, nous pousse ˆ prŽciser, dans un souci pŽdagogique, quelques points trs simples de mŽthode. Ils confirmeront surtout au lecteur que son bon sens est son meilleur alliŽ pour cet exercice.

 

- Le silence crŽe un vide que l'autre doit remplir de sa pensŽe.

Il est donc prŽfŽrable que toute question soit suivie d'un long silence mental de la part de l'interviewer. C'est-ˆ-dire qu'il importe relativement peu de parler en cours d'interview, comme on discute, si l'Žcoute devient l'attitude mentale fondamentale, et si le dŽsir de convaincre est momentanŽment, totalement Žteint. Pas facile !É

- Les questions telles qu'elles sont Žcrites suffisent en elles-mmes.

Pour enclencher la rŽflexion il n'est pas besoin de les commenter, de les enjoliver. Parce qu'alors on les dŽforme, on les appauvrit, et lÕon Žmet des sortes de "parasites" comme sur une radio.

- Laisser le temps ˆ la pensŽe de s'organiser.

Si la personne interviewŽe semble ne pas comprendre, et pose des questions au lieu de rŽpondre, c'est simplement un moyen pour elle de s'assimiler le sujet et de pouvoir commencer ˆ y rŽflŽchir. Il suffit Žventuellement de reposer la question telle quelle, sans aucun commentaire. Facile !É

- L'esprit de rŽciprocitŽ est la clŽ des justes relations.

L'objectif poursuivi est de sortir deux interlocuteurs, de mme statut ou de statuts diffŽrents vis-ˆ-vis du ch™mage, de la bulle d'incomprŽhension dans laquelle la sociŽtŽ croupit. Les questions ne sont donc pas faites pour piŽger l'interlocuteur, mais pour permettre un dialogue d'Žgal ˆ Žgal.

Se taire n'empche pas de rŽpondre avec discrŽtion. Car il est des moments o l'interlocuteur ˆ besoin d'un feed-back. Comme dit la maxime : Je ne comprends ce que j'ai dit que lorsque j'entends l'autre me rŽpondre.

- Des questions efficaces.

Les questions peuvent Žclairer des zones d'ombre que l'interlocuteur ne voulait pas aborder, et entra”ner une rŽaction nŽgative, ou agressive. Cela peut tre normal. Il n'y a pas lieu de le craindre. L'absence de rŽaction calme le jeu automatiquement ; alors que l'argumentation, "pour" ou "contre", risque de le faire dŽraper. CompliquŽ !É

- "Ne parlez pas de vous, mais des autres".

"Ne vous apitoyez pas sur votre destin tragique, mais parlez avec raison d'espoir".

Voici deux dictons sages qui peuvent nous aider ˆ nous recentrer dans les moments difficiles.

- Exposez scientifiquement, ne cherchez pas ˆ prouver.

Ë moins d'tre particulirement introverti, ou un bon professionnel des entretiens, la tendance naturelle de l'individu est de chercher ˆ convaincre pour faire partager ses convictions. On l'appelle le prosŽlytisme. Mais dans toute tendance ˆ aider son prochain, ˆ propager la bonne parole, qu'elle soit politique, commerciale ou religieuseÉ il y a un moment subtil o la volontŽ de pouvoir prend le dessus, o l'orgueil fait dŽraper les bonnes intentions, et o la jalousie ne supporte pas que l'autre Žchappe du monde clos de son univers mental et Žmotionnel. C'est humain. Il n'y a pas lieu de s'en inquiŽter.

Mais si la pensŽe s'aventure sur le terrain communal des idŽes, en prenant la prŽcaution de toujours laisser une place pour accueillir la pensŽe de l'autre, le progrs vers la comprŽhension des problmes n'est-il pas plus rapide et plus net ?

Aussi l'attitude scientifique sera de poser des questions, d'apporter des ŽlŽments complŽmentaires sous forme d'autres questions ou de faits, soumis ˆ l'examen, plus que d'essayer d'emblŽe de rŽpondre, ˆ la place de l'autre. Cette attitude n'est pas un laisser-aller, ou une dŽmission. Elle nŽcessite au contraire beaucoup plus de force et de courage, car en laissant l'autre exposer son point de vue, on court toujours le risque de se faire reprendre dans le filet des pensŽes conventionnelles et de se noyer momentanŽment dans les illusions concernant le ch™mage. Toujours, toujours, la peur en est ˆ la source ! Mais, lorsque l'intervieweur possde bien son sujet, il sait que le plongeon ne sera que de courte durŽe. De la mŽthode !É

            L'esprit de critique et l'analyse critique positive.

            L'esprit de critique est devenu une telle seconde nature depuis quelques dŽcennies, que celui qui veut un vŽritable dialogue risque d'y tre confrontŽ et de s'y noyer. Les Žnergies disruptives de la polŽmique empchent le libre jeu associatif des pensŽes, de l'imaginationÉ Il jette son manteau de confusion. Les personnes publiques de grande stature le font de temps en temps remarquer ˆ leurs interviewers, sans que ceux-ci, semble-t-il ne s'interrogent sur la mŽthode qui leur a ŽtŽ enseignŽe dans les "Žcoles de la performance".

Sa seule possibilitŽ face ˆ la critique est de ne pas l'alimenter. La raison qui pousse chacun d'entre nous, ˆ un moment ou l'autre, ˆ s'attacher au nŽgatif plut™t qu'au positif vient certainement en grande partie d'un intellect paradoxalement trop sžr de ses opinions mal ŽtayŽes, et trop dŽstabilisŽ par une Žcoute et une reconnaissance insuffisamment de la part des autres. Il ressent plus ou moins consciemment un grand sentiment de dŽvalorisation. Conscient de cela, celui qui cherche ˆ exposer des faits sans grand succs laissera le critique l'interrompre et s'exprimer, sans lui offrir trop de points d'appui. Comme un cavalier ne tire pas sur les rennes de son cheval qui s'emballe, mais les dŽtend pour que la bte ne prenne pas appuis sur le mors avec sa bouche. ƒlŽmentaire !É

 

La vŽritable analyse critique positive n'est-elle pas dans tous les cas celle qui recherche les perles d'un raisonnement, les mŽrites d'une idŽe nouvelle ou traditionnelle, et garde en son for intŽrieur une indulgence intarissable ? É Avec la mme ardeur que l'esprit critique moderne, censeur, vindicatif, s'attache ˆ rechercher les fautes. Un grand Art !É

            De mme, celui qui veut un vŽritable dialogue se trouvera confrontŽ ˆ l'esprit pessimiste, fataliste, dŽsabusŽ. Il n'y a pas plus lieu de le craindre. Mme les Žvocations les plus apocalyptiques sur l'avenir de l'Žconomie, de l'emploi, du ch™mage, de l'alourdissement des prŽlvements fiscaux, des risques de dŽflagration sociale ou de guerre civileÉ ne sont jamais qu'un moyen pour l'esprit pessimiste de se libŽrer d'un sentiment trop fort d'impuissance en face des ŽvŽnements et du fantastique dŽveloppement des sociŽtŽs. De Gaulle, lui-mme, dans des pŽriodes d'interrogation majeure eut recours ˆ la mŽthode de l'apocalypse !

 

Bien d'autres Žvidences pourraient tre rappelŽes. Mais elles useraient la patience du lecteur, qui en son for intŽrieur conna”t en fait tout cela. Aussi le mieux est de tester ces questions, et de se rendre compte soi-mme des rŽponses. Si l'exercice est considŽrŽ comme un "jeu", sŽrieux mais non dramatique, le ch™meur, ou le non-ch™meur, peut tre assurŽ qu'il y prendra un grand intŽrtÉ Et mme du plaisir pour un sujet si dŽlicat ! Parce qu'il se rendra compte de sa capacitŽ ˆ le ma”triser et ˆ Žtablir un pont d'intelligence avec son interlocuteur.

 

Une mŽthode aussi efficace en petits groupes.

La dŽmarche de communication entre deux individu est extensible ˆ de petits groupes, si l'occasion s'en prŽsente. Les mŽthodes professionnelles peuvent inspirer quelques principes utiles. Ë condition de les dŽgager de leurs prŽoccupations par trop commerciales et directives. Ces mŽthodes se rencontrent par exemple dans les groupes Tupperwareª (groupes d'amies rŽunies par et chez l'une d'elles, pour vendre des rŽcipients de conservation portant ce nom) ; ou dans diffŽrentes autres formes de groupes de conviction.

Sans entrer dans leur dŽtail et leur but diffŽrent, nous pouvons retenir le premier principe essentiel dŽjˆ vu : exposer sans chercher ˆ convaincre soi-mme.

Les participants dŽjˆ convaincus par un ou plusieurs arguments sur un produit ou un service, s'ils ne sont pas ostensiblement de parti pris, diminuent les attitudes de rŽsistance des opposants prŽsents en parlant de leur expŽrience. Autrement dit, l'intervenant reste neutre sur le dŽbat de fond. Il n'est directif que sur la forme du dŽbat. Dans les groupes non destinŽs ˆ la seule vente de produits de consommation ŽlŽmentaires, mais o sont exposŽes des idŽes plus techniques, parfois mme innovantes ou ˆ contre-courant des conceptions habituelles, le principe est le mme. Le dŽroulement mŽthodique des idŽes est alors progressivement centrŽ vers le nÏud du problme, par l'animateur qui a prŽparŽ les questions selon un plan prŽcis. Cela demande un peu de pratique.

Cet exemple brivement ŽvoquŽ des groupes de conviction, illustre bien la puissance d'un changement des regards par effet de proximitŽ et d'Žchange entre les individus. Il offre une autre manire de concevoir l'action, hors de la polŽmique, de la revendication ou de la rŽvolte. AppliquŽ ˆ une dŽmarche de recherche et de connaissance, il donne la mme forme de dŽbat que nous voyons parfois ˆ la tŽlŽvision. Lorsque l'animateur ma”trise bien la mŽthode et ne glisse pas sur ses propres partis pris, bien entendu.

 

Il n'y a pas de "bonne rŽponse toute faite".

            Il n'y a Žvidemment pas de "bonne rŽponse toute faite". Voici simplement quelques commentaires ˆ propos de la finalitŽ des questions exposŽes ci-dessus.

Elles s'adressent autant aux travailleurs manuels qu'aux travailleurs intellectuels, aux matŽrialistes qu'aux spiritualistes, au pragmatiques qu'aux idŽalistes ; quels que soient leur age, leur niveau social, ou les univers socioprofessionnels hermŽtiques (c'est-ˆ-dire dont les prŽoccupations sont Žtrangres les unes aux autres !) dans lesquels ils Žvoluent.

¥ Que vous apporte la prŽsence d'un ch™meur dans votre famille ou dans votre entourage ?

          S'il ne fallait retenir qu'une question, celle-ci pourrait suffire comme clŽ d'entrŽe en toute occasion.

La notion d'un apport de la part d'un ch™meur, rŽvolutionne compltement la vision habituelle que l'interlocuteur peut en avoir. La formulation est assez ouverte pour ne pas gŽnŽrer une controverse (comme cela pourrait avoir lieu en abordant d'emblŽe un des axes de travail du ch™meur, prŽcŽdemment analysŽs et en affirmant d'emblŽe qu'il effectue un rŽel travail). La question peut rŽserver aussi bien des surprises intŽressantes quant aux non-dits des membres d'une famille.

¥ Pourquoi selon vous le ch™mage dure depuis un quart de sicle ?

           L'ouverture sur une perspective historique permet de ne pas focaliser sur les situations conjoncturelles et les ŽvŽnements politiques immŽdiats, qui peuvent faire glisser le dŽbat trop rapidement vers "le petit bout de l'entonnoir".

Cette question peut Žgalement permettre de se rendre compte de l'imprŽgnation de la pensŽe de l'interviewŽ par les prŽoccupations uniquement Žconomiques, ou au contraire la pondŽration humanitaire, politique, etc. qu'il apporte. Donc de sa rŽsistance ou non ˆ entendre des points de vue diffŽrents.

¥ Que signifie pour vous personnellement, la fracture sociale ?

           Il est Žvident que la majoritŽ des personnes ne conna”t pas le mŽcanisme prŽcis du clivage ou de la fracture, dŽcrit dans la premire partie.

L'approche de fracture sociale est un biais pour aborder Žventuellement les motivations. Elle peut permettre une discussion plus approfondie sur l'importance des motivations, pour la rŽsolution de la douleur inhŽrente au ch™mage. Elle permet de poser une autre question paradoxale, par exemple : Pourquoi ces motivations, d'essentielles pour un bon manager ou un publicitaire, deviennent-elles marginales et secondaires dŽs qu'il s'agit des ch™meurs ?

 

¥ Qui est victime de cette fracture, ˆ votre sens ?

           La question introduit d'entrŽe le principe d'un clivage entre deux groupes d'individus, ou plus : les victimes et ceux qui ne le seraient pas (ou mme qui seraient des "bourreaux").

Le but n'est Žvidemment pas d'amplifier cette fracture, mais de l'identifier pour la rŽsoudre. Car tout le monde, ch™meur, non-ch™meur, directement ou indirectement est touchŽ par cette fracture. Mme les nantis, mme les Žgo•stes retranchŽs dans leurs bastions confortables, mme ˆ l'extrme limite les profiteurs du systmeÉ! S'il est question de victime, on peut aussi comprendre qu'il y ait une nŽcessitŽ de solidaritŽ, et aussi de rŽparation.

De fait la mobilisation rŽsultant de l'urgence nationale ŽvoquŽe il y a quelques annŽes, plaant le ch™mage au cÏur des prioritŽs de chaque citoyen, tend ˆ s'essouffler. Quand elle n'est pas masquŽe par des artifices Žlectoraux, ou par d'autres catastrophes tout aussi "naturelles", comme les guerres ou les cataclysmes climatiques.

Cette question permet de recentrer le dŽbat sur le sentiment individuel grandissant de la vraie solidaritŽ. Et de le diffŽrencier du concept intellectuel de "solidaritŽ", vŽhiculŽ comme un symbole pŽdagogique, par les divers acteurs publics.

Cette question permet Žventuellement d'ouvrir le dŽbat sur la nŽcessitŽ "d'aider" certains acteurs publics ˆ voir clair dans leurs attitudes inhumaines, lorsqu'elles sont dictŽes essentiellement par les procŽdures, les "bonnes pratiques", les rglements, et mme certaines lois vieillottes et dŽpassŽes. Que ces attitudes soient un fait personnel ou collectif, impliquant leur hiŽrarchie.

¥ De quoi les ch™meurs souffrent-ils le plus, selon vous ?

            Ë l'urgence, est liŽe une situation de souffrance. La souffrance Žtant, comme en mŽdecine somatique, l'indicateur d'alerte d'un danger, rŽpŽtons-le.

Les deux souffrances majeures des ch™meurs concernent, comme nous l'avons vu, le manque dramatique d'un minimum d'argent pour vivre dŽcemment, et le manque d'un minimum de valorisation.

L'opinion est loin de se rendre compte de l'extrme relativitŽ des seuils financiers et psychologique dans ces deux domaines, car elle a tendance ˆ intellectualiser et ˆ comparer des situations non comparables (par exemple, une somme de 1000 F pour quelqu'un, peut avoir autant de "valeur relative" que des dizaines de milliers de francs pour une autre, qui a des charges dont elle ne peut faire table rase par enchantement). Cette question permet d'entamer une discussion sur la relativitŽ des avis extŽrieurs, et sur la rŽalitŽ de la souffrance individuelle, la seule ˆ prendre en compte. Donc elle devrait pousser ˆ la tolŽrance des points de vue, qui efface l'intolŽrance humaine.

            Elle dŽbouche indirectement sur la souffrance du non-ch™meur, ˆ propos du ch™mage et de ses corollaires (par exemple, le petit commerant qui souffre ˆ cause de l'esprit revendicatif et agressif des clients en cette pŽriode de crise ; ou de la fiscalitŽ perue comme une injuste ponction dŽmagogique, bien qu'il y ait un revenu fixe qui Žvite l'angoisse du lendemain, etc.). Souffrance tout aussi importante.

 

¥ Pourquoi des ch™meurs disent "prŽfŽrer ne pas travailler" ?

            Cette question aborde un clivage majeur de l'opinion publique.

Comme l'argent est indissolublement liŽ ˆ ce refus de travailler, et que ceux qui travaillent sont parfois dans des situations de non-libertŽ intolŽrables, et doivent participer ˆ l'effort imposŽ de solidaritŽ, la situation en elle-mme est explosive et aiguise les antagonismes.

            Elle permet d'aborder la notion de rŽsistance de certains, aux excs d'une sociŽtŽ menŽe par l'argent mal employŽ tout aussi bien par l'entreprise que par les gouvernants.

¥ Pensez-vous que la sociŽtŽ dans son ensemble est responsable du ch™mage ?

           Il est trs vraisemblable que la rŽponse d'une personne sensible sera sans hŽsitation positive. Mais il y a, notons-le au passage, un paradoxe essentiel entre cette reconnaissance et l'argument systŽmatiquement avancŽ de la conjoncture Žconomique comme grand fauteur de ch™mage !

            Lors d'une conversation suffisamment longue, un dŽbat sur ce paradoxe peut dŽboucher sur une analyse plus fine des causes rŽelles et profondes. Il peut permettre de mettre en lumire les idŽes fausses et l'attitude fataliste, qui paralysent tout un pays.

¥ La conception actuelle du travail est-elle compatible avec un idŽal de nouvelle civilisation, dont on parle tant ?

            Sans tomber dans "l'Žconomisme" (c'est-ˆ-dire en ne voyant que les facteurs : quantitŽ de travail et rŽmunŽration associŽe ; selon le point de vue du dŽtenteur de pouvoir), cette question permet d'aborder la qualitŽ de l'ouvrage, ainsi que des conditions de ce travail. Comme les salariŽs, premiers intŽressŽs, souhaiteraient la voir Žvoluer dans l'avenir.

            Cette question peut servir d'entrŽe pour parler du travail des ch™meurs, selon les axes ŽvoquŽs dans la prŽcŽdente partie. Des exemples peuvent tre soumis ˆ l'examen du non-ch™meur, comme les 35 heures (domaine o rien n'aurait ŽvoluŽ si vite, si le ch™mage n'avait pas apportŽ son concours).

 

¥ Quel plaisir le ch™mage peut-il procurer ?

            Question stimulant la crŽativitŽ, par le mŽcanisme de renversement de l'idŽe habituelle considŽrant le ch™mage comme une catastrophe. Question ˆ peine provocatrice si elle est posŽe avec humour.

Le plaisir de la libertŽ, que certains Žprouvent, suite ˆ un licenciement, nous met sur la pisteÉde l'individualisation. Facteur essentiel, rappelons-nous en, pour qu'un jour puisse s'Žpanouir une dŽmocratie responsable et sereine.

 

 

¥ Comment verriez-vous la fin du ch™mage ?

            Question stimulant Žgalement la crŽativitŽ. Question valorisante car elle demande ˆ l'interlocuteur sa participation personnelle. Comme une sorte de remerciement.

 

Thmes subsidiaires :

Ces thmes plus prŽcis, peuvent s'insŽrer Žventuellement dans les questions principales, si la discussion n'est pas limitŽe dans le temps et l'interlocuteur bien disposŽ ˆ rŽflŽchir tranquillement ˆ ce thme du ch™mage.

Les questions s'attachent ˆ centrer le dŽbat plus prŽcisŽment sur les diffŽrents thmes majeurs analysŽs dans ce travail. Elles n'ont pas nŽcessairement ˆ tre posŽes sous cette forme. Elles peuvent servir simplement d'aide-mŽmoire pour conduire le dŽbat.

THéMES COMPLƒMENTAIRES FACULTATIFS.

 

Thme des motivations.

¥ CROYEZ-VOUS QUE LA FISCALITƒ DU CHïMEUR EST UNE CAUSE MAJEURE DE SES

SOUFFRANCES ? Pourquoi ?É

¥ PENSEZ-VOUS QUE LES CHïMEURS SOUFFRENT D'UN MANQUE DE RECONNAISSANCE ?

Pourquoi ?É

¥ PENSEZ-VOUS QUE LES NON-CHïMEURS SOUFFRENT D'UN SENTIMENT DE CULPABILITƒ ?

Pourquoi ?É

¥ EN QUOI LES RƒPONSES ACTUELLES AU CHïMAGE PEUVENT-ELLES æTRE INSATISFAISANTES ?

Et plus particulirement concernant :

¥ La fiscalitŽ et le ch™meur ?

¥ Le besoin de revalorisation des ch™meurs ?

¥ Le besoin de "convalescence psychologique" des ch™meurs ?

¥ Le besoin de dŽculpabilisation des non-ch™meurs ?

¥ Le besoin de pŽdagogie sur le ch™mage ?

 

Thme des thŽories sur le ch™mage.

¥ PENSEZ-VOUS QUE LE CHïMAGE VA BAISSER COMME ON NOUS L'ANNONCE ? Pourquoi ?

¥ L'EMPLOI EST-IL A VOTRE AVIS LA SOLUTION AU CHïMAGE ?

¥ LA CUPIDITƒ ET L'ƒGOìSME DU POUVOIR SONT-elles LA SOURCE PREMIéRE DU CHïMAGE ?

¥ PENSEZ-VOUS QUE LA CUPIDITƒ ET L'ƒGOìSME CONCERNENT AUSSI

L'ADMINISTRATION ET LES ƒLUS ?

(N.B. : on notera qu'aucune question ne vient recentrer trop directement le dŽbat sur l'aspect thŽorique de l'Žconomie)

 

Thme de la peur comme frein au travail.

¥ LE MANAGEMENT DANS LES ENTREPRISES A-T-IL UN LIEN AVEC LE CHïMAGE ?

¥ LA PEUR EST-ELLE UN DES OBSTACLES MAJEURS AU TRAVAIL ?

¥ UNE AMBIANCE PLUS LUDIQUE DANS LE TRAVAIL EST-ELLE SOUHAITABLE ?

 

Thme sur les idŽes fausses.

¥ QUELLES SONT, Ë VOTRE AVIS, LES IDƒES FAUSSES CONCERNANT LE CHïMAGE, QUI DEVRAIENT

æTRE MODIFIƒES ?

¥ PENSEZ-VOUS QUE LES MENTALITƒS CHANGENT Ë PROPOS DU CHïMAGE ?

¥ QU'EST-CE QUI LES FERAIT CHANGER PLUS RAPIDEMENT ?

¥ LES CONSERVATISMES S'APPUIENT-ILS SUR DES IDƒES UTILES ?

 

Thme d'espoir et d'imagination crŽatrice.

¥ Ë QUOI RIME CE CHïMAGE QUI N'EN FINIT PAS ?

¥ LE CHïMAGE POURRAIT-IL UN JOUR DISPARAëTRE TRéS RAPIDEMENT ?

¥ QUELS SERAIENT LES FACTEURS QUI POURRAIENT DISSIPER LA MOROSITƒ OU L'INQUIƒTUDE

AMBIANTE ?

É Les autres idŽes que le lecteur considre comme fortes peuvent s'ajouter ˆ ces exemplesÉ

 

 

            Souhaitons que ces questionnaires bien modestes donnent l'envie au ch™meur d'Žlaborer le sien propre, mais surtout d'entamer le dialogue de manire nouvelle.

 

 

            L'individualisation nŽcessaire aux dŽmocraties prendra-t-elle le pas sur les individualismes ? Le simple Žchange, dans un esprit de rŽciprocitŽ, se substituera-t-il ˆ la cacophonie sociale ? Voici un domaine, o la rencontre entre un ch™meur et un non-ch™meur, ou deux ch™meurs, ou encore deux non-ch™meurs, ne nŽcessite ni organisation, ni prŽalable, ni plan, ni tactique, mais simplement du bon sens et la bonne volontŽ d'Žtablir un pont pour en finir avec ces chassŽs-croisŽs de regards fuyants.

 

Tel est le premier dŽfi amenŽ par la fracture sociale. Si le ch™meur comprend ce que le non-ch™meur attend, il peut ainsi rŽaliser son premier acte d'engagement volontaire.

 

 

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[1] La publicitŽ, comme le cinŽma, est par ailleurs un moyen nŽcessaire d'Žducation des peuples qu'il n'y a pas lieu de dŽnigrer.