TROISIéME PARTIE L'ƒNERGIE SUIT LA PENSƒE PLUS SóREMENT QUE L'ARGENT

 

 

Chapitre IV

 

 

 

 

 

STOPPER D'URGENCE L'HƒMORRAGIE

DES CHïMEURS !

 

 

 

"L'argent divise les tres ; l'idŽal les rŽunit".

 

Chapitre IV. — STOPPER D'URGENCE L'HƒMORRAGIE

DES CHïMEURS !

Des citoyens. responsablesL'abandon de notre vigilance, aux Žlus.

UNE OPINION normative Ë PROPOS DES REVENUS DU CHïMEUR. — Le revenu des

ch™meurs : OuiÉ Mais ! — OuiÉ — Les ch™meurs doivent tre indemnisŽs. — Tous les ch™meurs sont-ils bien indemnisŽs ? — É Mais ! — Une allocation de ch™mage sous astreinte. — Le revenu de la discordeÉ et de la concorde. — Le montant des revenus du ch™meur : la bouteille ˆ l'encre ! — L'illusion du trop d'argent, dŽmotivant le ch™meur. — Le revenu de la concorde. — L'injuste imposition des ch™meurs. — Le

grand balancier de "l'argent INJUSTE"

LibŽrer L'HOMME DE l'argent. — L'Žveil de l'Opinion nouvelle. Ne pas se tromper de combat. Ne

pas se tromper de rŽvolution. Le pouvoir du regard vigile de l'Opinion.

SchŽma : Le grand balancier. Le clivage de l'opinion publique par la redistribution idŽologique autoritaire de l'argent.

 

 

 

 

S

i l'hŽmorragie des revenus n'est pas la premire souffrance consŽcutive au ch™mage, elle n'en demeure pas moins la plus dramatique, et en particulier pour ceux qui n'ont pas de famille pour compenser la perte de revenus. Elle est une situation d'urgence, ˆ laquelle la collectivitŽ n'offre que des rŽponses extraordinairement complexes, lentes et chiches. Elle est la plus douloureuse car elle touche, nous l'avons vu, au premier besoin vital de l'tre et met en branle la peur la plus forte, de tout perdre, qui peut dŽboucher sur une dŽstructuration de l'individu.

Ce chapitre concerne plus particulirement ceux qui sont tentŽs de s'engager dans une action de force, ˆ la mesure du gigantisme du problme que pose la rŽvolution de la fiscalitŽ.

Des questions continuent ˆ rester sans rŽponse :

Pourquoi le pays permet-il ˆ l'Administration fiscale de rŽduire les ch™meurs ˆ la misre ?

Pourquoi le montant de l'indemnisation reste-t-il un tel tabou ?

Comment l'opinion pourrait-elle rŽagir ?É Essayons d'y rŽpondre.

 

La dictature fiscale, au sens trs large de ponction et de redistribution, est le premier frein ˆ l'initiative individuelle. PassŽ un certain seuil, l'individu, comme nous l'avons analysŽ tout au long de ce travail, commence soit ˆ se laisser couler, par dŽsespoir, soit ˆ rentrer en rŽsistance et ˆ sortir du systme. L'accumulation d'humiliation, de menaces, en particulier par le biais des imp™ts sur le revenu (et ceux qui sont dŽguisŽs : taxes, csg, etcÉ), des allocations ch™mage, et de l'attitude intransigeante des responsables administratifs qui accentue ce sentiment d'impuissance vis-ˆ-vis de cet Žtat dans ltat, a conduit le peuple de ch™meurs lˆ o il est. C'est-ˆ-dire dans ce maquis virtuel de RŽsistance.

           En dŽsignant l'Administration, il ne faudrait pas en dŽduire qu'elle est la seule responsable de toutes nos misres. Elle n'en est qu'un des acteurs. Cependant, en cette pŽriode o l'ingŽrence dans les affaires des autres devient une volontŽ trs prononcŽe, sinon un droit, cet Žtat dans ltat, si souvent dŽnoncŽ, n'est paradoxalement jamais vŽritablement remis en cause. Ne pourrait-il pas tre remis en question ? Au nom de quel principe dŽsuet d'interdiction de tout crime de "lse-majestŽ" le pouvoir fiscal serait-il au-dessus de l'opinion publique ? Que ce pouvoir exorbitant provienne du despotisme d'une intelligentsia ; de l'immobilisme de corporations ; ou d'une vendetta populacire. Le concept du droit d'ingŽrence humanitaire a ŽtŽ inventŽ, il y a peu. Mais un autre exemple cŽlbre d'ingŽrence politique l'a prŽcŽdŽ : lorsque la libertŽ des QuŽbŽcois face ˆ l'Administration Žtait en jeu. Qu'un chef d'ƒtat puisse intervenir dans les affaires intŽrieures d'un pays Žtranger a plu ˆ l'opinion franaise d'alors. Mais que l'on touche ˆ la sacro-sainte institution fiscale, et une fracture va bien vite se former ! Alors mme que tous les citoyens rŽclament une baisse des imp™ts. Voilˆ encore une Žnigme bien surprenante ! Il se manifestera par une levŽe de boucliers de tous les esprits conformistes et faibles, du haut en bas de la pyramide, qui auront vite fait de multiplier les arguments, les arguties, les "impossibilitŽs" de toutes natures, les menaces, les chantages ˆ l'opinionÉ pour Žtayer cette illusion de "justice fiscale".

"Les citoyens veulent plus de service public, mais c'est incompatible avec moins d'imp™ts" !É "On nous dit de faire des Žconomies, mais les possibilitŽs sont trs limitŽes" !É " L'imp™t sur les grandes fortunes cožte plus cher qu'il ne rapporte, MAIS on ne peut pas le supprimer : c'est un symbole pour le peuple"  On veut rŽformer l'administration des imp™ts, mais le service aux contribuables en p‰tira" ! ( dŽbut 2000)É "Il faut bien payer des imp™ts" !É

 

Il y a toujours de bons prŽtextes. Et l'opinion s'y laisse prendre interminablement.

Mais, chaque fois que l'opinion voit une partie de ses semblables victimes d'un systme, quel qu'il soit, ne doit-elle pas s'insurger contre les excs de pouvoir qui ont institutionnalisŽ ce systme ? Ë moins qu'elle ne soit totalement aveugle.

Ce n'est pas le principe de redistribution qui est en concernŽ, mais la manire autoritaire et finalement injuste avec laquelle prŽlvements et rŽpartitions sont effectuŽs. C'est aussi la manire dont les politiques abusent l'opinion, depuis plusieurs dŽcennies tout particulirement, qui pose un problme pour l'avenir. Lorsque l'opinion ouvrira les yeux !É

 

Seulement voilˆ, le problme rŽsulte de l'attitude mme de cette opinion, autant, sinon plus que de celle de l'Administration. Nous avons effleurŽ cette question prŽcŽdemment (chapitre II, premire partie). Nous allons tenter d'y voir un peu plus clair, en nous souvenant de ce qui a ŽtŽ Žcrit ˆ propos de l'opinion publique, au dŽbut de cette troisime partie ; ce chapitre en est un prolongement. Nous limiterons, si l'on peut dire, Cette cette approche de la fiscalitŽ (et de l'indemnisation) se limite, si l'on peut dire, ˆ celle qui perpŽtue le ch™mage. Le point de vue n'est pas celui des thŽoriciens du droit fiscal, mais du bon sens qui prend en compte les mobiles de l'individu. Non pas les tendances Žgo•stes et avides lorsqu'elles sont destructrices, mais lorsqu'elles deviennent les moteurs de l'action et de l'Žmancipation de la pensŽe libŽrŽepensŽe.

 

Au bout du compte, rappelons-nous ce que peroit le ch™meur ˆ propos de la soi-disant " justice fiscale". Trs schŽmatiquement, il constate bien vite que les instances thŽoriquement lˆ pour l'aider financirement, ne veulent pas faire d'effort, ni pour le payer, ni pour rŽtablir les injustices. Et que le fisc, tout en prŽtendant les recours possibles, dresse tant d'obstacles et de menaces que bien des initiatives sont stŽrilisŽes. Enfin, que les Žlus ne cessent de parler d'un moment o la Nation devra faire des choix de sociŽtŽ, mais se contentent de vagues paroles qui ne rŽvolutionneront jamais les structures. Tout cela a ŽtŽ Žcrit, dit et reditrab‰chŽ. Et tout reste pareil, depuis des dŽcennies. Mais il vient t™t ou tard un temps pour les mutationsÉ

 

 

Des citoyens responsables.

 

V

oici un quart de sicle, les citoyens franais se sont "accommodŽs" de l'idŽe de payer plus d'imp™ts. Le PrŽsident d'alors n'a fait que constater cette attitude de l'opinion, par une petite phrase demeurŽe cŽlbre. En ne refusant pas cette abdication, lorsqu'il en Žtait peut-tre encore temps ˆ cette Žpoque, notre pays s'est engagŽ dans un raz-de-marŽe fiscal, qui n'a eu d'Žgal que la vague dŽferlante du ch™mage, comme par hasard, pendant la mme pŽriode ! Si nous nous souvenons bien, les imp™ts n'ont cessŽ d'augmenter ; les petites baisses, pour calmer l'opinion, succŽdant aux grandes hausses, chaque fois que la mauvaise conjoncture permettait de faire avaler les couleuvres et d'Žviter une Žmeute. PŽriodiquement les sondages faisaient Žtat du "raz le bol" des Franais devant le trop d'imp™ts. Et les imp™ts d'augmenter sans cesseÉ

Mais qui est responsable vraiment de ce trop d'imp™t ? Cette idŽe, pour le citoyen, d'tre responsable de l'augmentation des imp™ts et des injustices qui y conduisent, va ˆ contre courant de l'opinion. Elle est donc excessivement difficile ˆ analyser pour lui, puis ˆ admettre. Elle est pourtant bien simple !

 

Si le lecteur veut bien se tourner encore une fois vers l'enseignement de l'Histoire, il pourra faire ensuite le parallle plus facilement. Ë la base de tout mŽcanisme de type totalitaire, il y a la nŽcessitŽ de diminuer la rŽsistance du des peuplefoules. C'est par l'instauration d'une mŽcanique d'infimes abdications successives que procde le pouvoir qui ne vise pas le bien collectif. Il installe ainsi ses idŽologies de toutes natures, et quelque soit les bonnes raisons invoquŽes. Il a une myriade de petits collaborateurs pour l'assister ; chaque citoyens, potentiellement, doit se demander s'il ne risque pas d'en devenir un, un jour. Un exemple e illustration est intŽressant ˆ citer ici. Le metteur en scne d'une version rŽcente du procs de Nuremberg expliquait ses motivations pour avoir traitŽ d'un tel sujet rebattu. Ce n'Žtait pas tant, selon lui, pour servir de mŽmoire aux gŽnŽrations, que pour faire le rapprochement entre un mŽcanisme qui avait eu des consŽquences horribles dans le passŽ, et la mme tentation toujours prŽsente, mme ˆ des degrŽs moindres, chez nos contemporains.

Il n'y a pas si longtemps, nous avons tous pu constater une telle aberration assez visible, de la part de l'Administration. Lorsqu'elle a imposŽ aux conducteurs, sans vŽritablement d'assise bien vŽritablement scientifique, ni de motivation prŽalable de l'opinion (qui aurait certainement jouŽ le jeu, si on le lui avait clairement expliquŽ les rgles), de rouler en plein jour avec les feux allumŽs. L'expŽrience n'ayant pas ŽtŽ concluante, elle fut purement et simplement supprimŽe, sans explication, sans "excuse" auprs des citoyens. Et l'opinion n'a pratiquement pas rŽagi ! Il y aurait de nombreux autres exemples, dont certains ont fini par faire scandale ; un peu tard.

 

En remettant aux instances supŽrieures sa part de libertŽ, et en se dŽmettant d'une responsabilitŽ de contr™le effectif de ces instances, l'opinion veut sans doute oublier son sa tendance attitude viscŽrale de ˆ la dŽmission. Cela lui arrive pŽriodiquement au cours de l'Histoire. Mais ˆ force d'accepter des renoncements infimes, l'esprit de conservatisme qui cherche ˆ dominer l'opinion, se forge la certitude qu'il peut tout, qu'il n'a de compte ˆ rendre ˆ personne, puisqu'il agit pour "le bien" le peuple et avec son assentiment. L'opinion, qui ne dit mot, consent. !

N'est-ce pas particulirement en ce domaine de la fiscalitŽ du ch™meur, comme de celle des salariŽs modestes ou mieux lotis, une raison supplŽmentaire pour qu'elle s'Žduque et grandisse ? (Viendra un temps o il faudra aussi s'occuper de la dŽfense des cadres supŽrieurs ; mais lˆ est une autre histoire histoire !É).

" Les citoyens sont prts ˆ payer plus d'imp™ts". Et voilˆ comme ce Janus aux deux visages, l'un fiscal et l'autre solidaire (ou bien s'appelant Assedic et Anpe), peut se maintenir ˆ l'ombre du pouvoir dŽmocratique. Parce que le citoyen a abdiquŽ une part de sa libertŽ, au nom d'illusions. Nous les verrons analyserons en dŽtail un peu plus loin. /

 

Pourquoi revenir sur l'administration fiscale puisque nous l'avons traitŽ longuement au dŽbut ?

Tout simplement, posons-nous la question : sommes-nous bien persuadŽs que la fiscalitŽ est une des premires pourvoyeuses du ch™mage ? Cela est peu probable !É

Ou du moins nous somme d'accord qu'il faut baisser les imp™ts, si nous nous rŽfŽrons aux sondages, (comme cela Žtait vrai au dŽbut des annŽes 80 d'ailleurs), mais nous supportons, paradoxalement de les voir cro”tre sans cesse. Le pays ne dit pas une bonne fois pour toute : STOP Ë L'IMPïT ! Parce que l'opinion, qui ressent bien la souffrance des plus vulnŽrables, en particulier, a pris l'habitude de se laisser berner par les subtiles ramifications des textes du lŽgislateur. Au lieu de poser le problme sur un plan plus ŽlŽvŽ.

Concernant l'indemnisation du ch™mage, il y a un large consensus pour que cette indemnisation demeure[1]. Bien entendu. Mais elle est comme emprisonnŽe dans un cercle vicieux ; de mme que l'individu l'Žtait prŽcŽdemment par l'opinion. Le schŽma le symbolise.

Les gardiens de ce cercle vicieux qui influent sur l'indemnitŽ de ch™mage sont : toutes ces idŽes reues sur le capital, le travail, le salaire et le fisc. Les attitudes d'attachement excessif ou de rŽpulsion, ou les deux mlŽs, vis-ˆ-vis de ces ŽlŽments passionnels, conduisent ˆ de nombreux clivages. La dŽfense bec et ongle du capital pour qu'il ne soit pas ŽrodŽ ; le salaire obtenu dans des conditions de travail pŽnible qui jalouse le service bŽnŽvole lui ™tant le pain de la bouche, soi-disant ; la redistribution fiscale qui essaie d'accaparer une part toujours plus grande du g‰teau etc., se constituent en groupes de pouvoir, par les biais syndical, juridique ou d'influence corporative. Face ˆ ces titans, l'indemnisation des ch™meurs est ŽcrasŽe. Elle n'est vŽritablement dŽfendue par personne[2]. Nous avons parlŽ de tous ces aspects ; et des bibliothques entires en traitent.

 

Essayons de ne pas nous perdre dans ce dŽdale et de revenir ˆ UNE idŽe simple sur ce sujet : voir clair en nous-mmes ! Chaque fois que ce sujet de l'argent des ch™meurs est abordŽ, et que nous faisons jaillir de notre mŽmoire, un peu comme un illusionniste sort un pigeon de son chapeau, mille et un arguments "contre", demandons-nous pourquoi nos opinions sont si tranchŽes ? Alors, nous nous rendrons compte que les raisonnements sont secondaires. Nous verrons ˆ quel point nous sommes en contradiction avec le plus profond de nous-mmes. Nous finirons peut-tre par reconna”tre, avec dŽsarroi, notre intolŽrance envers le ch™meur, pour qu'il ait assez d'argentÉ Au nom de bonnes raisons !

Il faut un courage trs importantimmense ˆ un non-ch™meur pour tenter de se mettre ˆ la place d'un ch™meur de longue durŽe, et d'accepter de regarder, sans a priori, toutes ses prises de position qui l'ont conduit lˆ o il est. Elles vont bien au-delˆ de simples arguments intellectuelsjugements.

Pour illustrer ce changement radical d'attitude qu'il nous est nŽcessaire de faire, afin de participer ˆ la rŽsolution de cette hŽmorragie, nous allons prendre quelques exemples. Mais ils resteraient peu probants si nous continuions ˆ nous cramponner ˆ nos opinions. Il est en effet essentiellement question ici d'opinion, et non d'idŽes claires, lorsqu'il est question d'argent et de ch™mage, ne l'oublions pas.

 

 

 

            L'abandon de notre vigilance, aux Žlus.

            Revenons prŽalablement sur un point important, soulignŽ d'entrŽe ici dans ce chapitre et dans celui sur et dans le chapitre sur l'inexorable engrenage fiscal. La responsabilitŽ des citoyens vis-ˆ-vis du pouvoir fiscal se fait par Žlus interposŽs. C'est au niveau du travail des commissions spŽcifiques que les idŽes fausses concernant la fiscalitŽ, commencent ˆ s'infiltrer, et finissent par cautionner les politiques fiscales. Peu importe en fin de compte qu'il y ait des lobbies du plus d'imp™ts, du nivellement par le bas, de la suppression des niches fiscales, etcÉLeurs influences seraient minimes si nous n'avions pas dŽlŽguŽ aveuglŽment ˆ ceux qui nous reprŽsentent ?

N'abdiquons-nous pas trop rapidement notre pouvoir dŽmocratique au profit de soi-disant spŽcialistes des questions fiscales, d'instances ou de groupes auxquels nous prtons une compŽtence, alors qu'ils n'ont parfois qu'une idŽologie sommaire, toujours savamment et brillamment ŽtayŽe ? Et que mme si les Žlus assurent des permanences dans leur commune, ils n'ont jamais connu personnellement le ch™mage ni la misre. Ils ne les ont que fr™lŽs.

 

En Žtant insuffisamment clairs et cohŽrents sur nos exigences de solidaritŽ, en permettant des compromissions avec des soi-disant principes principes de de "rŽalisme", nous commenons ˆ engager notre responsabilitŽ. Lorsque nous sommes insatisfaits d'un Žlu mais que nous lui redonnons notre voix, par une curieuse amnŽsie du passŽ, nous devenons pleinement responsables. Parce qu'en dŽfinitive c'est nous, citoyens, qui en faisons supporter les frais, non seulement aux plus faibles d'entre-nousˆ nous-mmes, mais ˆ nous-mmes aux plus faibles d'entre-nous. Non pas uniquement en termes financiers, ce qui serait un moindre mal, mais en termes de libertŽ de conscience.

L'opinion a encore grand besoin de s'ŽduquerÉ

 

 

 

 

 

UNE OPINION normative

Ë PROPOS DES REVENUS DU CHïMEUR.

 

 

P

ar ignorance de bien des rŽalitŽs, l'opinion fait du ch™meur, sans le vouloir, le lampiste de bien de nos difficultŽs sociopolitiques, par Žconomie interposŽe. Nous avons vu que le sentiment inconscient de culpabilitŽ des non-ch™meurs en Žtait une des raisons majeures. Mais il en a d'autres, dŽcoulant du fanatisme. En particulier, il existe une sorte de rancune collective vis-ˆ-vis de tous ceux qui ne sont pas ˆ la t‰che. C'est-ˆ-dire trs prŽcisŽment : qui ne sont pas attachŽs ˆ un travail dit Žconomique. D'o rŽsulte une attitude parfois un peu trop normative ; manquant de souplesse.

Nous pouvons examiner observer cela au travers des sondages, comme des discussions. Arrtons-nous quelques instants ˆ ces sondages ˆ propos de l'indemnisation des ch™meurs. Non pour leur exactitude ou leur reflet complet de la situation, mais parce qu'ils symbolisent cette opinion conservatrice. Celle qui empche en grande partie que soit traitŽe la douleur du ch™mage, rŽsultant de situations de dŽnuement financier et matŽriel. Celle qui donne poids ˆ toutes les mesures administratives nŽgatives et dures.

 

 

Le revenu des ch™meurs : OuiÉ Mais !

 

ObservonsExaminons l'attitude des Franais ˆ propos de diffŽrents paramtres concernant les finances des ch™meurs. OuiÉ, l'opinion est d'accord sur le principe d'attribution d'une indemnitŽ. Sans cependant avoir une idŽe bien claire de la part des ch™meurs bŽnŽficiant ou non de cette indemnitŽ. MaisÉ, les conditions d'attribution d'une allocation ch™mage ne doivent pas se faire sans contreparties astreignantes. (Sans parler de la ponction fiscale des ch™meurs qui achve la "transfusion", dans l'indiffŽrence de cette opinion).

Tous ces points sont rŽvŽlateurs de clivages. Ne perdons pas de vue qu'ils renvoient en miroir, aux non-ch™meurs, la problŽmatique de leurs propres revenus et du sens qu'ils attribuent ˆ leur propre travail. Sur chacun de ces paramtres tentons de dŽmler les points de vue de chacun : ch™meurs, non-ch™meurs du secteur privŽ, et du secteur public traitant le ch™mage. Regardons comme les opinions fausses, fondŽes souvent sur l'ignorance des faits, mais aussi surtout sur l'ignorance de ses propres motivations obscures, ont besoin d'Žvoluer. Ces illusions donnent lieu ˆ des slogans prts ˆ l'emploi, pour mieux contrer le ch™meur qui voudrait faire valoir son point de vue.

La solidaritŽ s'Žtant incontestablement dŽveloppŽe en cette fin de sicle, l'opinion accepte que le ch™meur ait un revenuÉ Mais elle n'accepte pas encore une remise en question fondamentale, et non de pure circonstance, des injustices. Et en dŽfinitive, le montant du revenu des ch™meurs, n'est-il pas encore celui de la discorde ?

 

 

OuiÉ

 

Les ch™meurs doivent tre indemnisŽs.

OuiÉ, les ch™meurs doivent tre indemnisŽs, pense l'opinion, de manire trs superficielle. Les enqutes confirment ce principe d'attribution d'une indemnitŽ. [3] C'est ce que nous pensons en majoritŽ. Jusque-lˆ, il n'y a pas d'ambigu•tŽ. On peut d'ailleurs se demander comment il pourrait en tre autrement, puisque les ch™meurs eux-mmes ont financŽ cette assurance. Mais un mŽlange indistinct se fait entre cette allocation ch™mage et l'indemnitŽ de solidaritŽ, versŽe aprs cette pŽriode de prise en charge par le rŽgime de l'Unedic. Nous avons notŽ prŽcŽdemment que bien des voix s'Žlvent pour tout confondre en une seule forme d'indemnisation, plus juste. Toute l'opinion y verrait plus clair.

Sans parler du "maquis" des diffŽrentes autres formes d'allocationsÉ[4]

            Tous les ch™meurs sont-ils bien indemnisŽs ?

OuiÉ, la plupart des ch™meurs semblerait indemnisŽe. Le "bien", est un terme trs ambigu ! En fait, le pourcentage (ou taux de couverture) des ch™meurs bŽnŽficiant ou non de cette indemnitŽ est bien mal connu de nos concitoyens. Si, disent les sondages : "Un Franais sur cinq pense que tous les ch™meurs reoivent des allocations ch™mage", quatre personnes sur cinq ne mesurent pas l'ampleur de la part des ch™meurs non indemnisŽs ; ils la minimisent. [5] On peut alors comprendre que l'impression d'urgence n'imprgne pas l'opinion !

Les statistiques officielles en fait dŽnombrent seulement 2 200 000 ch™meurs environ, indemnisŽs au titre de l'Allocation Unique DŽgressive ou de la solidaritŽ. Soit un sur deux ! Mais ces chiffres ne couvrent certainement pas toutes les zones d'obscuritŽ, et la couverture est sans doute encore moindre. [6] Bien des ch™meurs ne peroivent rien de tout cela. N'avons-nous pas tendance ˆ l'oublier ? La multiplicitŽ des aides ne gŽnre-t-elle pas cette illusion que les ch™meurs finissent bien par toucher quelque chose ?

 

            D'autre part, la durŽe du ch™mage amplifie l'intensitŽ de la douleur. Il n'est pas Žgal de perdre de l'argent sur une courte pŽriode de temps, et de survivre pendant des annŽes avec presque rien.[7]

Cette mŽconnaissance de la rŽalitŽ fait le lit des idŽes fausses, comme ces trois exemples suivants.

 

"La situation n'est pas si grave ÉPuisque le ch™mage diminue."

La diminution du taux de ch™mage ˆ la fin du sicle est un "argument" de poids pour diminuer le sentiment de culpabilitŽ des non-ch™meurs et "dŽsamorcer" leur sens de solidaritŽ. (Pour l'anecdote, nous pouvons mme entendre des interlocutrices des Assedic, opposer cette reprise de l'Žconomie aux ch™meurs de longue durŽe cherchant dŽsespŽrŽment une aide complŽmentaire ˆ leurs maigres ressources. Comme s'ils allaient pouvoir en bŽnŽficier !).

 

"La plupart des ch™meurs sont indemnisŽs."

Comme on ne cesse de parler de l'indemnisation des ch™meurs, l'opinion croit ˆ cette pseudo-rŽalitŽ, bien plus "confortable" pour elle, qu'elle ne l'est pour les ch™meurs.

 

"On ne peut pas demander une baisse des imp™ts et plus de biens collectifs.

Des argumentations de ce type dŽpassent apparemment le cas du ch™mage, mais en fait consolident indirectement l'idŽe fausse que les gouvernements font beaucoup pour la solidaritŽ. Ne sont-elles pas faites pour "clore le bec" des Žlecteurs et faire l'impasse d'un dŽbat sur les Žconomies de l'Administration ? Comme par hasard, c'est toujours les budgets de la SantŽ ou de l'ƒducation, qui sont dans ce cas mis en avant par les politiciens ! l'Administration cependant, parce qu'elle "consomme" avec la mme boulimie que le monde Žconomique, peut faire l'objet de bien des Žconomie. Et cela sans lŽser les fonctionnaires, contrairement ˆ ce que les groupuscules conservateurs en leur sein affirment avec vŽhŽmence. Tout responsable en entreprise qui a mis en place un "plan de rŽduction des cožts", le sait parfaitement !É Les politiques se rendent donc complices de ces pouvoirs conservateurs, faute d'expŽrience suffisante sans doute. Et peut peut-tre aussi par facilitŽ. Mais en ce qui concerne les politiciens qui poussent ˆ l'alourdissement de l'administration en espŽrant ainsi mieux enrŽgimenter la dŽmocratie, le citoyen est le premier responsable de leur avoir abandonnŽ sa part de libertŽ.

 

 

É Mais !

 

Une allocation de ch™mage sous astreinte.

            MaisÉ, cette allocation ne doit pas tre distribuŽe sans contreparties, pense l'opinion. Parfois mme avec hargne ! Tant que l'opinion est dans le vague, l'allocation des ch™meurs ne pose pas de cas de conscience. Ds qu'il s'agit d'envisager les conditions d'attribution, sans mme qu'il ne soit question du montant - tabou que nous envisagerons en dernier - alors elle durcit son attitude, devient autoritaire, intolŽrante, presque vindicative.

L'opinion n'envisage l'attribution d'allocations que sous contrainte : contr™les ; suppression ;

durcissement des conditions d'attributionÉ seraient des termes significatifs de l'attitude des Franais. [8]

           Mais que signifie rŽellement, en particulier, de : "justifier de sa recherche d'emploi" pour des ch™meurs de longue durŽe, passŽ un certain ‰ge ? Quel esprit inspire cette volontŽ de faire "supprimer les allocations en cas de refus rŽpŽtŽ d'un emploi proposŽ" ? Quel non-ch™meur voudrait, par exemple, se mettre dans la peau de ce ch™meur dipl™mŽ d'ŽlectromŽcanique et d'optique, ˆ qui l'Anpe proposait un poste d'Žclusier dans le fin fond de la Meuse ?

L'opinion tranche aisŽment ! Elle ne se met pas facilement ˆ la place de l'autreÉ Au nom de quel principe voudrait-elle imposer aux autres ce qu'elle n'accepterait pas pour elle-mme, sinon dans des propos de salon ?

L'opinion a encore grand besoin de s'ŽduquerÉ

 

Ce mme esprit ne se rencontre-t-il pas chez ceux qui veulent "imposer un travail d'intŽrt gŽnŽral en contrepartie d'une allocation" ? Mais, ce travail obligatoire a-t-il un quelconque fondement humanitaire ? Il a un demi-sicle, le Service du Travail Obligatoire envoyait en masse des jeunes en Allemagne, pour la relve des prisonniers de guerre. L'Europe se souvient justement, juste avant de passer le MillŽnaire, de cet acte d'abus de pouvoir, et demande une rŽparation symbolique. Pourquoi alors l'opinion cde-t-elle ˆ ce mme esprit, ˆ propos des ch™meurs ? Il ne diffre que par les circonstances historiques, mais est tout aussi autant un abus de pouvoir. Veut-elle commettre la mme injustice ? Veut-elle que ses enfants aient aussi ˆ demander pardon, dans quelques dŽcennies ?

 

 

Les ch™meurs font "crŽdit" ˆ la Nation.

Bien des personnes ŽclairŽes, heureusement, se sonts' opposŽes opposent ˆ cet esprit de domination. La Suisse, Žcrivent certains journalistes, embo”terait ce pas totalitaire. DŽteindrait-elle sur les esprits, mme les plus gŽnŽreux, en soufflant ce grand vent d'illusion ? De nombreux esprits brillants, dans l'administration notamment, n'osent pas encore rompre le cercle vicieux qui emprisonne ce concept dŽsuet d'allocation ch™mage, et par consŽquent ne pensent qu'en faux termes de "contrepartie".

Mais cette contrepartie, avec un peu d'imagination, il serait facile de comprendre qu'elle est DƒJË fournie par le ch™meur. Il en a fait crŽdit ˆ la Nation !É Un ancien ministre reconnaissant la grande compŽtence des hauts fonctionnaires de Bercy, soulignait paralllement leur manque gŽnŽral de crŽativitŽ. L'opinion, vibrant plus dans le domaine de la sensibilitŽ et de l'Žmotion, devrait pouvoir retransmettre un regain d'imagination lorsqu'elle est dŽfaillante chez ceux qui aspirent ˆ gouverner servir les peuples. Si cette opinion en avait un peu plus la conscience.

L'opinion a encore grand besoin de s'ŽduquerÉ

 

 

 

Les aberrations des allocations.

           Sans parler encore du montant proprement dit, un certain nombre d'aberrations des systmes - c'est-ˆ-dire de l'esprit humain qui les a conus - participent ˆ cette imposition d'astreintes aux ch™meurs.

- La fin de droit est une ineptie humanitaire !

Une note a dŽveloppŽ prŽcŽdemment une partie des arguments anticonstitutionnels (chapitre IV, deuxime partie ; ˆ propos de la famille de pensŽs communiste). Mais il suffirait ˆ l'opinion de bien vouloir porter son attention sur cet aspect, pour ressentir immŽdiatement ce qu'il y a lieu de faire. Sans controverse ni aucun doute. Au juste milieu des attitudes.

- La dŽgressivitŽ est un non-sens sur le plan des motivations !

Nous avons aussi citŽ prŽcŽdemment la dŽgressivitŽ de l'allocation ch™mage (chapitre II, premire partie). Elle joue sur la peur, au moment o il faudrait justement l'attŽnuer, car les difficultŽs socioprofessionnelles l'augmentent dŽjˆ suffisamment. D'autre part, le besoin de convalescence psychologique aprs le choc du licenciement est totalement ignorŽ. Lˆ encore, il suffirait que l'opinion veuille bien se pencher sur ce sujet, pour qu'elle s'oppose ˆ cette mesure coercitive - inventŽe par des humains contre d'autres humains, sans que personne n'ait ŽlevŽ de protestation !

 

Toutes les mesures se traduisent par une tendance gŽnŽrale ˆ l'effritement des indemnitŽs des ch™meurs. Paralllement, les salariŽs revendiquent pour la hausse des salaires. Baisser d'un c™tŽ ; augmenter de l'autre : n'y a-t-il pas lˆ une source de clivage ?É Un temps, ce clivage a d'ailleurs ŽtŽ exploitŽ par le patronat pour donner un coup de frein, salutaire, admettons-le, ˆ cette spirale infernale du toujours plus. Sans que l'opinion convienne qu'elle Žtait aussi responsable de l'autre aspect indissociable de cette rŽalitŽ Žconomique : le toujours plus de consommation. Et cette aviditŽ excessive ne rejoint-elle pas celle de tous les pouvoirs, en les cautionnant ? Cette aviditŽ, lorsqu'elle rencontre sa compagne la peur, ne finit-elle pas par ignorer le ch™meur et laisser vaporiser ses indemnitŽs ? Alors l'opinion est bel et bien responsable

Cette attitude de non-solidaritŽ des acteurs sociaux est nourrie d'illusions qui s'ancrent dans la pensŽe sous forme d'autres petites phrases.

 

"Les ch™meurs doivent donner une contrepartie ˆ la collectivitŽ pour l'indemnitŽ versŽe"

Le devoir dans ce contexte est une notion bien ambigu‘. Ne cache-t-il pas en fait les propres pulsions obscures de celui qui profre cette opinion moralisatrice ; ou tout simplement sa mauvaise habitude de rŽpŽter l'opinion gŽnŽrale sans l'avoir prŽalablement vŽrifiŽ ?

"Les ch™meurs arrivent ˆ avoir des rentes de situation.

On rencontre de nombreuses personnes dans l'administration, les partis politiques ou en privŽ qui, ˆ partir d'un exemple qui les a scandalisŽs, en viennent ˆ gŽnŽraliser. Cette opinion trs subjective a dans les discussions un poids Žnorme ; elle enferme celui ou celle qui a pris l'habitude de la rab‰cher, dans une hostilitŽ de principe, qui CLïT toute possibilitŽ de communication.

 

 

 

 

Le revenu de la discordeÉ Et de la concorde.

 

Ce "oui É mais " nous Žclaire sur l'existence d'une discorde fondamentale de la part des non-ch™meurs, concernant le revenu des ch™meurs.

Le montant des revenus du ch™meur : la bouteille ˆ l'encre !

Le montant ! Nous y arrivons. Ce montant du revenu des ch™meurs est une question complexe, pratiquement impossible ˆ traiter dans l'Žtat vindicatif actuel de l'opinion publique. Il serait vain de plus, de parler des obscures groupes conservateurs, de "pression fiscale", dont le citoyen moyen ne sait pas grand-chose en dŽfinitive, et qui s'abritent derrire cette opinion.

Les ŽlŽments rationnels sont si Žtroitement liŽs aux pulsions irrationnelles que l'analyse sous le seul angle technique et chiffrŽ n'a pas de sens. On pourrait dire qu'une mre de famille sans Žducation a mille fois plus facile de distribuer l'argent de poche ˆ ses enfants, et d'adapter Žquitablement les montants en fonction des ages et des caractres, que les gigantesques ordinateurs de Bercy ne peuvent parvenir mme de trs loin ˆ approcher une justice fiscale ! Le propos peut sembler caricatural ; il n'est peut-tre pas si ŽloignŽ d'une profonde vŽritŽ !É

 

L'allocation de ch™mage Žtant Žtroitement rattachŽe dans la pensŽe irrationnelle : au Smic, au seuil de pauvretŽ, mais aussi ˆ la retraite, ˆ l'imp™t sur le revenu des individus, etc., il faudrait pouvoir traiter tous ces sujets ensemble. Mais obtiendrait-on plus d'ŽquitŽ ?

Le principe d'ŽgalitŽ est dŽpendant du principe de relativitŽ. Nous l'avons dŽjˆ relevŽ.

Par exemple, une personne seule propriŽtaire d'un logement modeste ˆ la campagne peut survivre, un temps, avec 600 F par mois "d'Allocation SpŽcifique de SolidaritŽ", en grignotant ses dernires Žconomies ; tandis qu'ˆ taux plein, les quelque 2000 2500 F de cette allocation de solidaritŽ seront une misre pour un autre ch™meur devant payer un loyer en ville. De mme, une famille cumulant "l'Allocation Unique DŽgressive" de 5000 F et le salaire du conjoint de 8000 F, ne s'en sortira pas honorablement, si par exemple ses crŽdits sont trop importants, etc.É

Sans parler du seuil psychologique d'un montant dŽpendant d'habitudes de consommation qu'on ne parvient pas ˆ modifier rapidement. Ou simplement parce que ce montant est symbole de la survie de la personnalitŽ. C'est-ˆ-dire en dŽfinitive de sa motivation ˆ agir.

 

Il semble bien nŽanmoins qu'en dessous d'un seuil approximatif de 7000 F mensuel, l'individu ne puisse plus faire beaucoup de projet d'avenir, ni vivre avec un sentiment d'expansion. Ë l'opposŽ, le sentiment de contraction que toute la sociŽtŽ conna”t depuis quelques dŽcennies correspond ˆ une simple rŽaction illusoire de peur, qui se traduit par un refuge dans l'Žpargne et la diminution des dŽpenses. Car bien des citoyens ne sont pas encore sous cette limite. Mais en dessous de ce seuil, cette constriction provient d'une rŽalitŽ budgŽtaire. Les ch™meurs, les pauvres, les salariŽs ayant un emploi prŽcaire, sont tous concernŽs. Le sujet dŽborde donc largement. Mais il est inutile de discourir indŽfiniment sur ce thme.

Le symbole de l'argent participe sans aucun doute aux forces qui font basculer l'opinion vers la Civilisation nouvelle. Le ch™meur en Žtant en quelque sorte un ŽclaireurÉ bien dŽmuni ! Le lecteur curieux ou philosophe, pourra mŽditer longuement, avec profit, sur cet aspect du FuturÉ Il touche aux fondements de l'tre tout entier !

            Quant ˆ savoir en dŽfinitive avec combien d'argent vivent les ch™meurs, les montants par catŽgories n'ont pas de sens individuel, bien Žvidemment. L'opinion peut se demander s'ils en ont un pour les pouvoirs publics ; puisque le dŽbat n'est pas ouvert. De plus, le flou des enqutes est parfois saisissant. [9] NŽanmoins, il y a dŽjˆ huit ans, pour l'anecdote, l'opinion semblait bien trouver le montant des allocations de fin de droit insuffisant. [10]

 

Un fait est cependant certain aux yeux de beaucoup : une allocation de quelque 2000 2000 F, pour un pays riche comme la France, est une indignitŽ qui s'inscrit sur les pages de l'histoire.

L'obscuritŽ la plus complte autour de la rŽalitŽ des revenus, favorise encore bien des idŽes fausses, comme :

 

"Avec le complŽment du conjoint, des ch™meurs vivent bien".

Cette idŽe traduit un clivage dans la pensŽe de salariŽs qui ne prennent que le salaire comme point de comparaison, sans tenir compte de toutes les autres valeurs vitales qui se sont ŽcroulŽes, dans une existence de ch™mage, et pondrent ce "bien".

 

"Des ch™meurs qui ont cumulŽ vingt ans de ch™mage et vingt ans d'activitŽ peuvent bŽnŽficier confortablement de la retraite".

É Ë condition qu'ils aient peru des indemnitŽs de ch™mage et non qu'ils aient ŽtŽ seulement inscrits comme demandeurs d'emplois, sans droits. Ce flou concernant les cotisations de retraite peut aboutir ˆ des fins d'existence tragiques. Dans le climat actuel de grande peur de ne plus pouvoir bient™t payer les retraites, agitŽe pŽriodiquement par des groupes de pression, ce cas particulier des ch™meurs qui n'en auront pas, reprŽsente une goutte d'eau dans la mer. Il n'intŽresse pas l'opinion.

 

"Faire en sorte qu'il soit impossible de gagner autant, ou plus, en ne travaillant pas".

Ce slogan a ŽtŽ livrŽ ˆ l'encan de tous les politiques, ces dernires annŽes. Il concernait peut-tre plus le revenu des produits financiers. Mais n'a-t-il pas dŽteint sur l'attitude de l'opinion vis-ˆ-vis du ch™mage ? Il a posŽ indirectement, sans le rŽsoudre, le problme des minima sociaux ; sans oser aller jusqu'ˆ la question du "revenu de naissance", qui a ŽtŽ ŽvoquŽ prŽcŽdemment. Mais il a surtout amplifiŽ inutilement la fracture des esprits entre le capital et le travail.

 

L'illusion du trop d'argent, dŽmotivant le ch™meur.

            Ce principe erronŽ ne devrait mme pas exister. Si le travail des ch™meurs Žtait reconnu. Mais comme cette illusion est une des sources majeures de nombreuses situations douloureuses des ch™meurs, il nous faut essayer de la retourner ˆ nouveau sous toutes ses coutures.

D'aprs les sondages, "les ch™meurs ne travailleraient pas si l'indemnisation Žtait trop importante". L'opinion reflŽtŽe par cette phrase serait seulement celle d'une minoritŽ, nous dit-on. Mais n'est-ce pas seulement celle qui s'est exprimŽe ouvertement ? N'est-elle pas plus gŽnŽrale ? Cette idŽe fait Žcho ˆ une autre parfois ŽvoquŽe ˆ propos du salaire de citoyennetŽ : "Les gens riches qui ont des revenus par leur famille ne font pas grand-chose de bon de leur vie". L'une et l'autre idŽes sont irrŽalistes si l'on Žtudie en profondeur les mobiles rŽels des individus, et si on les trie avec clartŽ. Elles n'en sont pas moins redoutables, car elles cautionnent l'attitude de l'administration qui vise ˆ bloquer toute reconsidŽration des montants.

Ces opinions sont partagŽes par des personnes trs cultivŽes. Elles sont une sorte de verrou pseudo-idŽologique qui s'oppose ˆ un droit de subvenir de manire indŽpendante ˆ ses propres besoins, dont nous avons parlŽ ˆ plusieurs reprises. Il est pseudo-idŽologique, car cette opinion s'appuie souvent sur des exemples qui ne sont pas probants.

En particulier ceux gravitant autour du dŽsÏuvrement de fils ou filles de familles fortunŽes, dont les inhibitions face au travail sont complexes et peuvent tre liŽes beaucoup plus ˆ l'histoire de leur milieu qu'aux revenus dŽcoulant de leur naissance. Ce peut tre aussi l'opinion de jeunes qui n'ont pas encore connu la rŽalitŽ d'un ch™mage de longue durŽe, et qui idŽalisent un monde du travail o ils veulent faire leurs preuves, ŽmancipŽs de toute tutelle, fžt-elle une allocation de ch™mage. Ou bien cette opinion enracinŽe dans la tradition terrienne, d'‰pretŽ au gain et de rŽsistance ˆ l'adversitŽ, o le pain doit tre gagnŽ ˆ la sueur de son front.

Mais les ch™meurs issus du monde du travail, en particulier, et qui ont eu une expŽrience professionnelle, mme plus ou moins rŽussie, ne semblent pas pouvoir tre assimilŽs ˆ ces exceptions.

 

L'exemple des retraitŽs apporte ici un dŽmenti ˆ cette opinion erronŽe.

Imaginons !É Pourquoi ne pas considŽrer toute la question du revenu du ch™meur sous un autre angle ?É Pourquoi ne pas partir du point de vue que ces individus, dans une oisivetŽ relativement "confortable", n'ont qu'une aspiration : se rendre utiles ˆ la collectivitŽ ? Simplement pour donner un sens ˆ leur vie.

Les retraitŽs en sont la meilleure preuve ! Ne parlons pas de ceux qui sont usŽs par de trop lourdes Žpreuves, dŽmotivŽs, malades, mais de ceux qui recouvrent une seconde jeunesse dans leur troisime ‰ge et imaginent mille faons de s'impliquer bŽnŽvolement. Tandis qu'ils ont les moyens financiers de ne rien faire.

Alors, pourquoi l'opinion veut-elle obliger tous les ch™meurs ˆ travailler sous la menace ?

 

L'opinion pourrait exercer sa crŽativitŽ sur d'autres exemples.

Elle pourrait, par exemple, demander au salariŽ : si le travail est un facteur d'Žpanouissement comme on le dit, pourquoi ˆ revenu Žgal, entre un salariŽ et un ch™meur, le salariŽ il ne se considrerait pas plus avantagŽ ? Et pourquoi alors il ne concŽderait pas au ch™meur le droit ˆ un revenu dŽcent, en compensation ˆ sa situation dŽfavorisŽe ? Ou pour le dire de manire plus provocatrice : pourquoi le revenu du ch™meur ne pourrait pas tre envisagŽ comme un "revenu du ch™mage" ? Mais cette question risquerait d'tre bien explosive !

L'opinion ne se rendrait-elle pas ˆ l'Žvidence, en fin de compte, qu'elle a ŽtŽ bernŽe par cette illusion du travail comme facteur d'Žpanouissement ? Car la seule forme de travail qui le procure est nŽcessairement une activitŽ crŽatrice, aussi modeste soit-elle, dans un contexte relativement exempt de menace et de contrainte imposŽes par d'autres individus. Le travail robotisŽ, producteur d'un salaire pour consommer plus, n'a jamais eu cet effet !

 

            Un autre exemple. Comparons le travail des ch™meurs, avec celui des salariŽs de certaines entreprises de jeux vidŽo. Le premier entra”ne les acteurs publics ˆ faire des choix pour la sociŽtŽ ˆ venir, les aidant par lˆ mme ˆ b‰tir le Futur de la Civilisation. Le second produit des profits. Bravo !É Et dŽveloppe conjointement des sentiments de violence chez des enfants et des adolescents, parfois mme rehaussŽs de sado-masochisme lorsqu'ils s'inspirent de certains aspects d'autres cultures ! Lequel des deux travaux aura ŽtŽ le plus utile pour la collectivitŽ ?É Ne nous pressons pas de trancher !É Ne parviennent-ils pas tous deux, par des moyens pŽdagogiques trs diffŽrents, ˆ Žlever la conscience de l'opinion ? L'un par le dŽveloppement d'un sentiment de solidaritŽ ; l'autre par un sentiment de rŽpulsion devant la violence. Un choix personnel reste, bien entendu, possible : de refuser d'emblŽe l'Žducation par la douleur et de ne pas acheter ces jeux vidŽo. Mais nous voyons que le jugement n'est pas si aisŽ, si l'on n'envisage que le seul critre de profit Žconomique. Nous comprenons dans cet exemple que la justification d'un revenu, fondŽe uniquement sur l'illusion Žconomique, est bien trompeuse lorsqu'elle justifie tout.

Le revenu de la concorde.

Pour que l'allocation "de solidaritŽ" ne soit plus celle de la discorde, nous voyons que bien des chiffres n'ont aucun sens. Que bien des "principes ne valent pas mieux que la poussire sous nos pas", comme aurait dit Cervants, ce pourfendeur d'illusions d'une autre Žpoque. L'hŽmorragie des ch™meurs continuera tant que l'opinion publique ne verra pas clair en elle-mme. Qu'elle ne se rendra pas compte qu'elle emprisonne le concept de l'allocation de ch™mage dans sa propre volontŽ de puissance, sa propre jalousie, son propre sentiment inconscient de culpabilitŽ, son propre esprit vindicatifÉ parce quelle souffre de tant de frustrations.

Et en ce domaine du revenu du ch™meur, elle finira par tre responsable devant l'Histoire ; alors que pour le ch™mage elle n'est pas coupable. Chaque corps social, syndical, religieux, politique, etcÉ est sous l'emprise de cette opinion. Ils secrtent chacun leurs propres particularismes vis-ˆ-vis de cette allocation de ch™mage. Il est inutile de s'y attarder. Car n'est-ce pas en dŽfinitive ˆ l'opinion de sortir les individus de ce dilemme ? Paradoxe ?É Cette idŽe est loin d'tre Žvidente pour beaucoup !É Aussi peut-il tre utile au chercheur d'y rŽflŽchir attentivement.

C'est donc la responsabilitŽ de chaque citoyen d'arrter cette hŽmorragie des ch™meurs. Les politiques ne le pourront jamais tout seuls.

L'injuste imposition des ch™meurs.

           Pour complŽter le tableau des allocations ch™mage, il convient de ne pas oublier que le flux est suivi du reflux de la ponction fiscale. Le chapitre II de la premire partie l'a commentŽ abondamment.

En parlant avec les responsables Assedic, on se rend vite compte que les injustices des situations individuelles des ch™meurs n'Žchappent pas ˆ ces agents. Mais ces injustices ne font pas le poids, face aux autres opinions ŽvoquŽes ci-dessus. Ces opinions des non-ch™meurs, les persuadent que les ch™meurs font preuve ˆ leur Žgard d'autres "injustices", en leur ™tant aussi en quelque sorte le pain de la bouche. Ce point de vue opposŽ (fracturŽ) est pourtant faux. D'autant que ces fonctionnaires ne sont pas vraiment menacŽs dans leurs emplois ! C'est donc que l'opinion publique pse sur leur conscience, plus qu'ils n'ont un rŽflexe d'autodŽfense pour leur propre revenu garanti. Ce point est-il clair ?É

 

            L'opinion ne se trompe pas non plus sur l'injustice de l'imposition. Elle estime de plus en plus, semble-t-il, que la fiscalitŽ se dŽgrade, non seulement par son alourdissement gŽnŽral, mais parce qu'elle n'a pas su rŽtablir les inŽgalitŽs les plus criantes. Mais l'opinion ignore certainement bien des cas aberrants, que connaissent les responsables du fisc, sans rien en dire.

Elle reste ŽcartelŽe dans ses contradictions et ne se lve pas contre l'injustice fiscale qui frappe les ch™meurs.

 

Terminons par ces deux exemples d'idŽes fausses.

 

"Les ch™meurs ne payent pratiquement pas d'imp™t".

Qui peut encore le croire, avec les formes dŽguisŽes de l'imp™t ?É

 

"Les injustices sont dues aux mystres des lois et des rglements".

DŽs qu'une situation sort de la norme, la rŽponse administrative arrive immŽdiatement :"Tout est question de dossier individuel". Mais lorsqu'il s'agit de trouver un responsable pour traiter de ce dossier individuel, une autre opinion bien rodŽe, comme une rŽponse ˆ l'objection d'un vendeur, fuse : " Ce sont les mystres des lois et les injustices des rglements" ! Ces prisonniers du systme, dont ils sont les complices inconscients, ne se bercent-ils pas de ces illusions protectrices ? Et ne se confortent-ils pas dans l'idŽe qu'il est impossible de faire changer l'administration ? L'opinion participe ˆ cet incroyable effort d'Žradication, non pas du ch™mage, mais des ch™meurs, c'est-ˆ-dire des hommes et des femmes, en donnant leur assentiment sans mme s'en rendre compte, ˆ la perpŽtuation de l'inexorable engrenage fiscal. En d'autre temps, avec la sainte Inquisition, n'en fut-il pas un peu de mme, ˆ propos d'autres penseurs libres ?É

Ainsi est constituŽe l'opinion normative qui accentue l'hŽmorragie d'argent des ch™meurs. Qui se propage ˆ une autre hŽmorragie : celle des forces vives de la Nation. Le proverbe dit qu'il ne faut jamais parler d'argent, si on ne veut pas se f‰cher entre amis. NŽanmoins, au travers de ces brefs points de repre, pouvons-nous reconsidŽrer cette question, en essayant de nous abstraire un instant de ces idŽes toutes faites sur le montant du revenu des ch™meurs ?É

 

Le grand balancier de "l'argent INJUSTE".

 

I

l est peut-tre utile de nous repencher sur une conclusion essentielle dŽgagŽe dans la premire partie, en l'illustrant d'un schŽma. L'opinion prend de plus en plus conscience, qu'ˆ c™tŽ de rŽels progrs sociaux, la fiscalitŽ a progressŽ en sens inverse et a aggravŽ les injustices. Mais pourquoi alors les choses ne changent-elles pas ? Et il faut poser la question ˆ propos de tout ce dernier quart de sicle, rappelons-le.

L'opinion ne doit-elle pas se dŽgager prŽalablement d'une fausse manire de faire, en matire de justice fiscale ?

 

Le schŽma suivant nous montre cette opinion prise entre les spŽculateurs, d'un c™tŽ. Ils ont indiscutablement dominŽ les salariŽs par une course trop compŽtitive au profit, jusqu'ˆ la frange de la lŽgalitŽ parfois[11]. Et de l'autre c™tŽ, les pouvoirs publics, sous l'emprise des idŽologies, pleins de bonnes intentions. Ils ont cru innocemment qu'il suffisait de prendre autoritairement d'un c™tŽ et de redistribuer de l'autre. L'opinion sait maintenant, par l'expŽrience, que la mŽthode n'est pas la bonne. Mais voilˆ, l'opinion prise dans le tourbillon de la valse de l'argent, est encore grisŽe ! Elle a l'expŽrience, mais doit encore faire preuve de la dŽtermination nŽcessaire pour porter cette expŽrience ˆ sa conscience. Et la griserie dure dure !É Et les malicieux l'exploitent !É

Cette opinion est tout aussi bien celle des gens modestes, que des technocrates qui ont le savoir mais demeurent un obstacle supplŽmentaire, par esprit de caste, ˆ toute rŽforme fiscale rŽvolutionnaire. /

 

       

Le peuple de ch™meurs peut-il finir par ramener les idŽes de toutes les familles politiques ˆ la juste raison ? C'est le dŽfi qui se prŽsente pour ce dŽbut de MillŽnaire.

En considŽrant l'autre comme l'ennemi, en lui reprenant par la force ce qu'il nous a pris contre notre volontŽ, on ne fait que perpŽtuer le grand balancier de "l'argent injuste". Les grandes instances internationales, commerciales, humanitaires, etcÉ semblent l'avoir bien compris. L'opinion doit aussi le comprendre. Pour Žradiquer en douceur les bastions qui ne veulent pas l‰cher prise. Sinon, ces bastions continueront ˆ s'appuyer sur l'opinion publique pour que les acteurs politiques ne puissent rien tenter.

Ë moins qu'un personnage historique n'apparaisse. Mais il est peut-tre prŽfŽrable de ne pas trop attendre de la Providence, car ces moments sont rares. Et le pouvoir est ˆ la portŽe de l'opinion publique, pour peu qu'elle le veuille bien.

 

LibŽrer L'INDIVIDU DE l'argent.

P

ourquoi libŽrer l'individu de l'argent ?É Pour qu'il travaille librement !

Nous pouvons comprendre que l'individu, au ch™mage ou non, mŽditant sur tous ces faits qui viennent d'tre dŽcrits, soit tentŽ de se rŽvolter. Il est des exemples historiques cŽlbres. En 1922 Gandhi ordonnait la grve de l'imp™t. En France, il y a presque cinquante ans, un homme dŽfiait Žgalement ce pouvoir fiscal qui abusait les citoyens. Il organisait la rŽsistance collective contre le paiement des imp™ts. Ils n'Žtaient pourtant pas ce qu'ils sont aujourd'hui ! Pierre Poujade a ŽtŽ inculpŽ pour ce dŽlit. Ce fut le combat du pot de terre contre le pot de fer. La mŽthode n'Žtait pas la bonne.

Depuis quelques annŽes, des groupes organisŽs de ch™meurs tentent une autre forme de rŽvolte, en occupant des locaux publicsÉ Ou en se "faisant recevoir" par le Ministre concernŽ. RŽsultat : 1 000 F de prime en cette fin d'annŽe du sicle. Pour celui qui n'a que 2000 F pour vivre par mois c'est Žvidemment, par comparaison, une somme importante. Mais pour une sociŽtŽ relativement riche, sinon opulente, personne ne s'Žtonne de la misre que cela reprŽsente ! Il n'est pas nŽcessaire d'agiter plus le grelot. Notons simplement que la mŽthode n'est pas, lˆ non plus, la bonne.

 

Pourtant, il n'y a pas si longtemps, l'opinion semblait accorder sa sympathie aux diverses formes de protestation des ch™meurs : pŽtitions, manifestations de rue, occupations de l'Anpe ou autres locaux publics, grves de la faim. Et mme aux "actions violentes" . Et mme ˆ la "grve des imp™ts". Pourtant, la rŽalitŽ a ŽtŽ bien discrte toutes ces annŽes passŽesÉ

            L'opinion serait-elle amorphe, sous le poids du fatalisme ? Le fatalisme ne serait-il pas le rŽsultat de l'abdication Žgo•ste de la libertŽ individuelle, teintŽe de dŽsespoir ? Si l'on se rŽfre aux sondages, ce fatalisme en matire de baisse des imp™ts semble ˆ son comble. [12]

 

            L'Žveil de l'opinion nouvelle.

            Lorsque l'opinion se rendra compte, ˆ propos du ch™mage, mais aussi de bien d'autres situations, qu'un certain nombre de points sont incompatibles avec son bonheur, elle se rŽveillera ! Comme elle le fit dans le passŽ.

Lorsque l'opinion admettra que l'imp™t sur les personnes physiques est le plus antagoniste de la libertŽ. Qu'il stŽrilise l'initiative individuelle, ˆ cause de son aspect inquisitorial qui agit sur la peur.

Lorsque l'opinion comprendra qu'elle s'est fait "blouser" par l'idŽologie du balancier, dŽcrite ci-dessus.

Lorsque l'opinion considŽrera vŽritablement l'esprit bureaucratique tatillon comme incompatible avec les rŽvolutions qu'impose la Civilisation nouvelle. Qu'elle verra que ces techniques sont en fait lˆ pour servir les conservatismes et corporatismes minoritaires mais puissants, et non la SolidaritŽ.

Lorsque l'opinion assimilera concrtement que la redynamisation du tissu rŽgional est une solution pratique, pouvant absorber une certaine partie du ch™mage. Non seulement par effet Žconomique, mais par effet sur les motivations de tous les acteurs.

Alors, l'attitude aujourd'hui nŽgative de l'opinion pourra faire basculer rapidement l'attitude conservatrice du corps administratif. Et entra”ner dans son mouvement les rŽformes fiscales en profondeur, sur la suppression d'imp™ts injustes ou de niveaux d'impositions destructeurs.

 

L'opinion Žtant passive sur ce sujet de l'imposition en gŽnŽral, il pourra sembler que ces propos sont irrŽalistes. Mais toute rŽvolution n'est-elle pas en germe dans les Utopies ?

N'est-il pas bon de redire ces Žvidences, pour contrebalancer le dŽsespoir du ch™meur et le fatalisme du non-ch™meur ?

Ë force de penser que nous allons guŽrir, nous commenons par nous rendre compte que nous sommes malades ! Alors la mobilisation de notre volontŽ de guŽrison est plus efficace, car moins dissipŽe dans le spleen.

 

 

            Ne pas se tromper de combat.

En attendant, que faire pour que l'attitude de la SociŽtŽ franaise concernant les allocations ch™mage, change ? Changer de mŽthode ? Manifester ou rŽsister ?É

Le changement de mŽthode dŽcoule logiquement de l'inefficacitŽ des mŽthodes citŽes prŽcŽdemment.

La revendication, des ch™meurs comme des groupes politiques, qui s'appuie sur l'illusion Žgalitaire, n'est en fait qu'un moyen d'entretenir les faux dŽbats et de noyer le poisson. L'exemple de l'imp™t sur les grandes fortunes de 1981 en est le plus Žclatant symbole.

Symbole de vengeance populaire contre des individus ! Symbole de pusillanimitŽ des politiques n'osant pas braver l'opinion ! Symbole de pouvoir de l'ƒtat fiscal. Symboles dŽrisoires ! Car chacun sait que cet imp™t cožte plus cher au citoyen qu'il ne rapporte ˆ la collectivitŽ. Le contribuable est encore le dindon de la farce. S'en rend-il vraiment compte ? Devenu, aprs une brve suspension, quelques annŽes plus tard : imp™t de solidaritŽ sur la fortune, on se demande ce qu'il reste de cette soi-disant "solidaritŽ" lˆ !É Qu'est-ce qui peut pousser les Franais ˆ dŽpenser leur propre argent pour "que les riches payent", sans que les pauvres en bŽnŽficient ? La haine des catŽgories sociales est-elle encore si tenace ? Ou bien n'est-ce encore qu'une abdication de plus, pour une fausse tranquillitŽ Žgo•ste ?É Pourtant, il y eut d'autres grand combats o des hommes et des femmes courageux ont su braver cette opinion !

Symbole de l'Žtat irrationnel de cette opinion, maintenue dans une ignorance quasi subliminale de ses mobiles obscurs ! L'explication comptable n'Žtant pas pŽdagogique, l'opinion ne comprend pas que cet imp™t est un contre-symbole : celui de son encha”nement ˆ la toute puissance fiscale. Sinon, bien que sa suppression ne soit pas une prioritŽ, elle l'aurait dŽjˆ exigŽ. Comme en d'autres temps la Bastille fut dŽmantelŽe pour signifier la fin du pouvoir absolu. Et il perdure dans la fiscalitŽ !É

Cet imp™t contribue ˆ perpŽtuer l'esprit de fracture. Il oppose ceux qui ont fait fortune ou simplement gagnŽ un peu plus d'argent par leur travail, comme les artistes par exemple, et ceux qui n'ont pas eu la mme destinŽe. Cependant, l'existence de fortunes permet ˆ tous de pouvoir espŽrer en forger une, en prenant leur destin en main. Au contraire, le nivellement par le bas dissuade de tout effort, puisque tout le fruit en sera repris. L'exemple de la fuite des cerveaux de Sude, suite ˆ une surimposition insupportable, devrait attirer l'attention de l'opinion sur ce point. N'est-ce pas ce qui commence ˆ se passer en France ? La fuite ne se fait-elle pas dans ce maquis du ch™mage

 

N'est-ce pas en dŽfinitive par la sortie du mode de revendication Žmotionnel, que la mŽthode peut commencer ˆ avoir quelque force ?

 

 

Ne pas se tromper de rŽvolution.

Si d'aventure des ch™meurs veulent agir, malgrŽ tout, sous forme de manifestations, de boycotts, de "dŽsobŽissance passives"É, il leur faut ne pas se tromper de combat. Ces dernires annŽes, qu'a-t-on pu voir ? Quelques individus faisant de lourds efforts pour manifester, se rŽvolter. Ces mouvements ont semblŽ pourtant s'effilocher avec le temps.

Si les tentatives d'actions que l'on peut rencontrer ici et lˆ ne dŽbouchent pas, n'est-ce pas parce qu'elles restent trop dans le giron des politiques ou qu'elles esprent trop d'un soutien mŽdiatique ? Les politiques ne peuvent pas leur donner un soutien alors mme qu'ils ont tant besoin de l'opinion publique pour asseoir leurs rŽformes.

Les mŽdia non plus ne savent pas apporter leur soutien par un Žclairage prolongŽ, car ils ont fait de l'instantanŽitŽ du direct leur dogme. Beaucoup pensent que ce fabuleux moyen de communication et de mutation de la Civilisation est encore dans son enfance. Parfois nŽanmoins, il est vrai, les mŽdia savent mener des combats de plus longue durŽe. Comme cette information quotidienne diffusŽe des annŽes durant, pour Žviter ˆ l'opinion d'oublier les otages retenus au Moyen-Orient. Mais de tels soutiens de causes humanitaires sont encore rares.

Quant aux manifestations de colre, elles sont dŽvitalisŽes au moment mme o elles ont lieu. Pour pouvoir durer, il faut qu'elles soient l'expression d'un Žlectrochoc historique collectif de grande ampleur. Et de tels phŽnomnes sont hors de portŽe de la dŽcision des Žtats-majors.

 

Ces efforts pour manifester ne peuvent tre efficaces que s'ils sont rŽsolus ˆ cet acte dŽfinitif, irrŽversible, de RŽsistance. RŽsister contre tout ce qui s'oppose ˆ la libertŽ du ch™meur n'est pas de mme nature que de s'efforcer ˆ des actions ponctuelles. Attiser et chercher ˆ coaliser les sentiments de rŽvolte est par essence bien trop ŽphŽmre. Affermir une volontŽ de RŽsistance, non-violente, au cours des ans, participe beaucoup plus de l'engagement hŽro•que. D'autre part, la RŽsistance individuelle qui est la marque du ch™meur, ne se satisfait sans doute pas d'une manifestation uniforme.

 

Enfin, ces mouvements ont ˆ se fixer de vŽritables objectifs.

Des objectifs qui inscrivent l'action dans la durŽe, presque hors du temps. Non dans la rŽvolte ŽphŽmre, qui s'use par son manque de volontŽ. La pensŽe ferme, persŽvŽrante, calme, posŽe sur des bases sures, des fondations de granit, transforme de proche en proche les idŽes cristallisŽes et les pensŽes congestionnŽes.

Des objectifs qui apporteront des rŽponses ˆ la douleur de toute la sociŽtŽ ˆ propos du ch™mage. Et non qui appara”tront comme une "mendicitŽ" de quelques-uns, humiliant un peu plus le peuple des ch™meurs. En particulier, la transposition du jeu syndical de revendications pour les hausses de salaires (certainement nŽcessaire dans le contexte actuel de l'entreprise et la guerre Žconomique) se pervertit lorsqu'il est appliquŽ aux allocations ch™mage ou de solidaritŽ. Alors, revendiquer seulement pour des "miettes" en vaut-il la peine ?

Pour que cette prise de conscience, lorsqu'elle se fera dans l'opinion, ne crŽe pas une rŽaction violente, ne faut-il pas que les objectifs soient les bons dŽs le dŽpart ?

N'est-il pas prŽfŽrable en particulier de militer pour une RŽvolution sereine et persŽvŽrante :

- de l'attitude de l'administration,

- du concept d'indemnisation,

- des montants du revenu permettant ˆ tous les citoyens de s'assumer dŽcemment,

- de la suppression de l'imp™t sur le revenu des personnes physiques, etcÉ

Plut™t que de se perdre dans des rŽvoltes opportunistes ? Qui ne conduiront les Pouvoirs publics qu'ˆ des "mesurettes" de circonstances.

 

            C'est l'intransigeance fiscale, la coercition de tout l'appareil contre l'individu seul et sans appui, l'arrogance inquisitoriale, l'inflexibilitŽ confinant ˆ l'inhumain, qui doit tre l'objectif premier de toutes les rŽformes. Le principe d'imp™ts mesurŽs et justement utilisŽs, sans g‰chis, sans abus, rendant compte au citoyen en toute transparence, se dŽgagera naturellement alors. Lorsque la volontŽ de puissance de ceux qui dŽtiennent le pouvoir fiscal, et en abusent, sera transformŽe par la bonne et juste volontŽ de l'opinion ŽclairŽe.

Ces idŽes ne sont-elles encore pour de nombreux citoyens qu'une simple conception intellectuelle ? Peut-tre est-ce parce qu'ils ne mesurent pas l'ampleur de la RŽvolution nŽcessaire. Ni de la douleur rŽsultant du ch™mage.

 

Si le ch™meur n'a pas le soutien de groupes politiques, sociaux, associatifs, en est-il pour cela rŽduit ˆ l'inaction ? Ne peut-il pas trouver dans les exemples de cette troisime partie l'inspiration d'un nouvel accomplissement ? Par une active rŽflexion individuelle. Et se prouver ˆ lui-mme qu'il peut agir sur l'opinion publique, par des moyens autres que ceux qui sont ˆ la portŽ des puissants et des riches ? En se rappelant sans cesse que "la pensŽe se propage de proche en proche, comme une pierre fait des ronds dans l'eau, ou un galet ricoche ˆ sa surface"É

 

           Le pouvoir du regard vigile de l'opinion.

CAPITAL   ÉSALAIRE     ÉREVENU   ÉTRAVAIL

Ces manifestations, mme organisŽes selon des objectifs de progrs humain, peuvent-elles tre suffisantes ? Pour discipliner la volontŽ de pouvoir absolu, qu'elle soit au sein de l'Žconomie privŽe, ou du pouvoir fiscal, et la ramener ˆ de plus justes proportions, ce genre d'actions est peu probant. Le dŽsir de pouvoir, et les abus auxquels il mne, lorsqu'ils sont dissimulŽs habilement derrire les pensŽes mensongres, ne peuvent se

 

 


dissoudre que sous les regards ŽveillŽs de toute l'opinion attentive. L'action de RŽsistance non-violente qui conduit ˆ cet Žveil n'est pas vŽritablement un rŽflexe de notre culture. Ne peut-il pas cependant le devenir ?

 

Ne faudra-t-il pas alors un mouvement spontanŽ de l'opinion, bien plus considŽrable encore que celui que nous avons connu

 

 

en mai 1968 ? Si la fiscalitŽ devait continuer ˆ frapper aveuglŽment et l'opinion s'en rendre compte, rien ne peut empcher un tel mouvement naturel de na”tre, en contre-pouvoir. Mais personne n'est probablement capable de le prŽdire, ni mme d'en pressentir des signes annonciateurs. Ce mouvement serait sans doute plus grandiose, car l'opinion aurait devant les yeux des objectifs moins vagues qu'une rŽaction gŽnŽrale aux institutions, comme il y a une trentaine d'annŽes. C'Žtait en quelque sorte, ˆ cette Žpoque, une crise d'adolescence. Mais l'opinion n'est pas statique, elle grandit et atteindra un jour son ‰ge de raison. Il est ˆ se demander : de l'opinion en gŽnŽral, de l'opinion politique et de celle des mŽdia, si tant est qu'une telle

 

 

 

dichotomie soit faisable, laquelle atteindra sa majoritŽ la premire ! L'Histoire va nous le dire sans douteÉ

 

            Une des grandeurs de notre Civilisation n'est-elle pas en dŽfinitive, sa capacitŽ de RŽsister partout et toujours, avec ou sans violence, chaque fois que l'ƒthique individuelle est menacŽe ? Ainsi, le revenu du ch™meur, libŽrŽ des principales idŽes fausses qui l'encha”nent au capital, au salaire, pourra rŽellement gommer le ch™mage (en tant qu'anticorps des excs de la sociŽtŽ), et permettre une libŽration du travail de tous, pour qu'il devienne une activitŽ Žpanouissante.

 

O

n peut parler de nombreuses et ingŽnieuses solutions techniques : revalorisation des indemnisations, suppression de la dŽgressivitŽ et de la fin des droits, salaire de citoyennetŽ, unification des organismes traitant du ch™mage, disparition de l'imp™t sur le revenu des personnes physiques, modŽration des taxes d'habitation et foncire, modification de la cgs, etcÉ Mais elles ne rŽtabliront pas la justice fiscale. Le seul principe qui sous-tend cette justice est la LIBƒRATION DES FAUX CONCEPTS AYANT TRAIT Ë L'ARGENT, POUR QU'IL PUISSE CIRCULER LIBREMENT, SANS PEUR. Circuler sans peur implique alors qu'il n'est pas dŽrŽgulŽ, mais ma”trisŽ par une attitude Žthique. Libre des menaces juriques d'un "Žtat de droit" mal compris et mal appliquŽ, rŽcupŽrŽ par les plus rusŽs et les plus Žgo•stes. L'opinion publique, semble-t-il, comprend peu ˆ peu que sa mission est de pousser dans ce sens.

Les mŽcanismes aussi habiles soient-ils, ne serviront ˆ rien tant qu'ils ne s'inspirent pas de ce principe de "santŽ". Car si l'argent "stagne" dans des univers paradis imaginaires, il crŽe une "congestion", puis la douleur, puis la nŽcrose de tissus sociaux. Et finalement la dŽcadence d'une civilisation.

 

On l'aura compris : l'hŽmorragie des ch™meurs est ˆ la fois leur propre perte du nŽcessaire vital, et le prŽjudice que la Nation s'inflige ˆ elle-mme ! C'est-ˆ-dire la dŽperdition de vie que chaque non-ch™meur subitÉ

 

En attendant les mesures nŽcessaires, un peu longues ˆ venir, notamment si elles doivent tenir compte de l'Europe, la conciliation doit remplacer la rgle gŽnŽrale. Ce principe ne vient-il pas justement d'tre rappelŽ aux acteurs privŽs et publics, ˆ propos de la catastrophe naturelle que le pays a connu au passage du MillŽnaire ?

 

            Et siÉ l'opinion se rŽveillait un beau matin en se disant que les ŽchŽances Žlectorales n'ont plus aucune importance ? Et siÉ l'opinion se disait qu'il ne sert ˆ rien que les partis politiques gagnent les uns contre les autres ? Et siÉ l'opinion se disait que les partis doivent se comprendre, pour rŽgler les questions majeures pour l'Avenir ?É N'est-ce pas cela, une dŽmocratie qui aurait rŽsolu sa fracture ? Il est certain que la grande rŽforme fiscale promise depuis si longtemps, serait une rŽalitŽ dans les mois ˆ venir !É Et l'hŽmorragie des ch™meurs serait jugulŽe.

 

La question de savoir si le ch™meur va vivre, dans la Civilisation du XXIe sicle - sujet du dernier chapitre - serait alors rŽsolue dans sa dimension existentielle. Mais comme cette dimension n'est pas la seule ˆ donner un sens ˆ la vie, il nous faut poursuivre encore un instant notre recherche.

 

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[1]                [ ATTENTION Rappel : la multiplicitŽ et la disparitŽ des chiffres peuvent introduire des confusions ! ].

Par exemple : "Les Franais se prononcent toujours majoritairement en faveur de lÕindemnisation de tous les ch™meurs. Mais la proportion a sensiblement diminuŽ en un an : 65 %, contre 71 % en 1998. Ce sont les agriculteurs (53 %), les 25-34 ans (40 %) et, dans une moindre mesure, les salariŽs du secteur privŽ (38 %) et les personnes travaillant dans le commerce (35 %) qui se montrent les plus opposŽs ˆ lÕex-tension du dispositif de lÕindemnisationÉ" (IPSOS - DARES. 1-99)

Pour mŽmoire, une tendance moins favorable se manifestait sans doute, au travers d'une question diffŽrente, il y a dix-huit ans : 50% des personnes interrogŽes Žtaient "Pour diminuer la durŽe de l'indemnisation du ch™mage" ; (39% contre, 11% sans opinion) (Sondage Sofres pour le Figaro, 10 novembre 1982).

[2] La chape de plomb gŽnŽrale qui s'est abattue au dŽbut de 2000 sur la renŽgociation des Assedic, et le quasi-silence des mŽdia sur le refus de signer les accords par certains syndicats qui n'ont pas eu d'autres moyen de dŽfense semble-t-il face au patronat, en sont une dŽmonstration cruelle.

[3] "Les Franais se prononcent toujours majoritairement en faveur de lÕindemnisation de tous les ch™meurs. Mais la proportion a sensiblement diminuŽ en un an : 65 %, contre 71 % en 1998." ( Enqute janvier fŽvrier 99, Sofres - Unedic)

[4] Le "maquis des aides" masque les situations, parfois dŽsespŽrŽes, des ch™meurs qui ne touchent plus rien.

Le lecteur peut se faire une idŽe de ce "maquis" au travers de cette courte ŽnumŽration kafka•enne.

L'AUD, l'ASS ; L'ACA, l'ASAÉL'ASS, l'allocation spŽcifique de solidaritŽ, concerne essentiellement les ch™meurs de longue durŽe, elle prend le relais de l'AUD, allocation unique dŽgressive de l'assurance ch™mage lorsqu'elle est ŽpuisŽe. Pour en bŽnŽficier, l'individu doit justifier de 5 ans d'activitŽ salariŽe dans les 10 ans prŽcŽdant la fin de contrat de travail. Il doit Žgalement rŽpondre ˆ des conditions de ressource. Le changement rŽglementaire, Žtabli par le dŽcret du 20 dŽcembre 1996, a durci les conditions d'accs ˆ l'ASS : le plafond de ressources auquel est soumis le couple est abaissŽ et les pŽriodes de ch™mage indemnisŽ ne sont plus assimilŽes ˆ du travail et comptabilisŽes au titre de pŽriode d'activitŽ. É ACA (Allocation Ch™meur ågŽ) de plus de 55 ans et/ou qui ont 40 annŽes de travail. É ASA (Allocation supplŽmentaire d'attente).

LES autres aidesÉ"Actuellement, environ 75 % des personnes interrogŽes dŽclarent que leur foyer peroit au moins une aide (hors ASS touchŽe par la personne interrogŽe) : 40 % des foyers peroivent une aide de type Allocations Familiales, Allocation Jeune Enfant, Allocation Parent IsolŽ, ou autre allocation CAF (sauf RMI, APE, et logement) ; environ 45 % des foyers ont une aide liŽe au logement (APL, ALS, ALF) ; 15 % des foyers sont bŽnŽficiaires du RMI ; 5 % des foyers ont des indemnitŽs de type Pension d'invaliditŽ, Allocation Adulte HandicapŽ (AAH), ou indemnitŽs de longue maladie ; 5 % dŽclarent tre aidŽs financirement par de la famille (de parents qui ne font pas partie du foyer)." (Enqute sur les ch™meurs de longue durŽe en fin de droits du rŽgime d'assurance ch™mage. Janv-fev 99. Unedic-Sofres). Mais bien des exclus restent perdus dans la nature !É

[5] Le pourcentage de ch™meurs non indemnisŽs nÕest pas clairement Žtabli. "Comme en 1998, plus dÕun tiers des Franais sous-Žvalue fortement le pourcentage des ch™meurs non indemnisŽs : 35 % estiment cette proportion ˆ moins de 20 %. Par ailleurs, 16 % ne se prononcent pas, ce qui semble attester dÕune rŽelle mŽconnaissance du public sur ce chapitre." (Les attitudes des Franais ˆ lՎgard du ch™mage, de son indemnisation et des politiques dÕemploi au dŽbut 1999. Dares-Ipsos)

[6] Le taux de couverture de l'indemnisation de 52 % concerne 2 258 700 ch™meurs.

Ë fin mars 1999 : 2 258 700 allocataires sont indemnisŽs au titre de l'Allocation Unique DŽgressive ou de la solidaritŽ. (RŽpartition : 1 772 600 bŽnŽficiaires du RŽgime d'assurance-ch™mage ; 511 100 bŽnŽficiaires du RŽgime de SolidaritŽ, eux-mmes rŽpartis en : 21 500 bŽnŽficiaires de l'Allocation d'Insertion et 489 600 bŽnŽficiaires de l'Allocation de SolidaritŽ SpŽcifique).

L'ensemble des demandeurs d'emplois inscrits (cat. 1 ˆ 3, 6 ˆ 8 + dispensŽ de recherche d'emploi), de 4 335 200 personnes, continue de cro”tre. En consŽquence, le taux de couverture RŽgime d'assurance-ch™mage et SolidaritŽ diminue. Au 31 mars 1999, il se situe ˆ 52,1 %. Sur six ans, le taux de couverture n'a cessŽ de dŽcro”tre : il est passŽ de 64 %, ˆ mi-1993, ˆ 52 %, en 1999 (Source Dares/Unedic).

[7] RŽpartition des ch™meurs non indemnisŽs (catŽgorie 1 + 6) selon leur anciennetŽ dans le ch™mage.

Il y a environ 35 ˆ 40 % des ch™meurs non indemnisŽs qui ont plus d'un an de ch™mage.

 

[8] Voici observŽs au travers d'un sondage, des exemples de durcissement des attitudes.

La majoritŽ de personnes interrogŽes disent que les indemnitŽs " devraient tre subordonnŽs ˆ la justification dÕune recherche dÕemploi pour maintenir le droit ˆ lÕallocation (95 %), et que le refus rŽpŽtŽ dÕun emploi moins qualifiŽ ou moins rŽmunŽrŽ devrait entra”ner, pour une forte majoritŽ des personnes interrogŽes, la suppression des allocations de ch™mage (67 %, contre 68 % en 1998)" . (On peut penser que le patronat s'est senti fort de se soutien "irresponsable" de l'opinion lors des rŽcentes nŽgociations des Assedic).

En cas de difficultŽ du rŽgime d'assurance, "on observe, dÕautre part, une certaine progression de la proportion des personnes interrogŽes qui prŽfrent voir diminuer le montant des indemnitŽs versŽes, par un durcissement des conditions donnant droit ˆ une indemnisation." 18,3 % des personnes interrogŽes, en cas de difficultŽ du rŽgime d'assurance, sont favorables ˆ une diminution du montant des indemnitŽs versŽes aux ch™meurs (contre 12,9 en 98). (Les attitudes des Franais ˆ lՎgard du ch™mage, de son indemnisation et des politiques dÕemploi au dŽbut 1999. Dares-Ipsos).

 

[9] Exemple d'imprŽcision ˆ propos du revenu des ch™meurs de longue durŽe, en fin de droit du rŽgime d'assurance-ch™mage.

"Environ 45 % des foyers de la population sont sous le seuil de 4 000 F par unitŽ de consommation. (Ce rŽsultat est nettement supŽrieur ˆ celui mesurŽ sur l'ensemble des mŽnages franais. NŽanmoins, prŽcisons que ce rŽsultat est surestimŽ mŽcaniquement par la mŽthode utilisŽe qui consiste ˆ retenir un revenu moyen par tranche et qui conduit donc ˆ classer sous le seuil de pauvretŽ une partie des mŽnages qui ont, en rŽalitŽ, un revenu supŽrieur)." ( Enqute janvier fŽvrier 99, Sofres - Unedic)É Quant ˆ savoir vraiment combien sont au-dessous de 2000 F ?

[10] 71 % des personnes interrogŽes "Estiment le montant des allocations des "fin de droit" trop faible.(IPSOS. 92).

 

[11] Ne parlons pas des maffias dont on se sert pour amuser la galerie en lui donnant des frissons. Il en est bien d'autres en col blanc et d'apparence trs respectable.(Voir au chapitre IV, deuxime partie).

[12] "La dŽtresse fiscale ambiante est telle qu'une majoritŽ relative de sondŽs se situe dans la perspective fataliste d'une augmentation persistante des prŽlvements "en l'an 2000". Cela malgrŽ le fait de reconna”tre que "le systme d'imp™ts en France est devenu moins juste et moins bien rŽparti entre les Franais" (47% contre 31%). D'aprs d'autres sondages, l'opinion ne semble pas plus optimiste ˆ l'horizon de plusieurs dŽcennies ; mais cela a-t-il un sens ˆ long terme ?

Une lueur d'espoir cependant ne peut-elle tre discernŽe dans le point intŽressant suivant : Une majoritŽ absolue (51 %) adhre ˆ l'opinion selon laquelle "il faut baisser les imp™ts ˆ tout prix mme si cela doit remettre en cause le niveau et la qualitŽ des prestations et services de l'ƒtat". On peut se demander s'il ne sous-tend pas que l'opinion puisse remettre en cause les arguties conservatrices s'opposant ˆ la baisse des imp™ts ? Enfin, L'IRPP est bien ciblŽ parmi les imp™ts que l'opinion voudrait voir baisser. (Ipsos-le Point aožt 1999).